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Dr Alou Doumbia

La brûlure reste un accident fréquent chez l’enfant. Elle est considérée comme une pathologie grave chez les tout-petits. Ils sont en première ligne pour les accidents domestiques. L’hôpital Gabriel Touré est le seul centre de prise en charge des enfants brûlés. Il reçoit en moyenne 100 cas par an. Environ 2 décès par mois sont causés par des brûlures. D’après Dr Alou Doumbia, chirurgien pédiatre au service de chirurgie pédiatrique de l’établissement hospitalier, en cette période d’hiver, les brûlures sont très fréquentes chez les enfants. Il révèle que son service peut accueillir 3 à 4 brûlés par jour surtout pendant la période du froid. Il explique que les enfants sont plus exposés aux brûlures parce qu’ils sont curieux, trop distraits et sont tentés de toucher à tout. Il incrimine aussi la négligence coupable des parents. «C’est pour cela qu’on assiste trop souvent à des accidents domestiques».

Une brûlure, selon le chirurgien pédiatre, est une destruction de la peau ou de la muqueuse par un agent. Autrement dit, une destruction de la peau ou de la muqueuse par la faute d’un agent causal qui peut être thermique, physique, électrique. L’agent thermique peut être de l’eau chaude, de la flamme ou les étincelles, etc... Les moyens physiques, il y a les vapeurs d’eau dans les laboratoires ou les réactions chimiques. L’agent chimique peut être l’acide et les soudes caustiques, entre autres.
La maladie même de la brûlure commence 72 heures après. Elle se manifeste par la malnutrition, l’anémie et la déshydratation. Ces trois facteurs combinés peuvent provoquer le décès de l’enfant. La surface brûlée perd beaucoup de plasma. La déshydration va favoriser une insuffisance rénale fonctionnelle, des troubles ioniques. La fuite des proctites causera un retard de cicatrisation. Avec l’anémie, il va avoir une hypo perfusion cellulaire entraînant une défaillance polyvicérale.

«Moins la brûlure est grave, plus le pronostic est bon. Mais plus elle est grave, plus le pronostic est mauvais», souligne Dr Doumbia, avant de relever que la brûlure est classée en trois degrés.
Le premier se manifeste par des petites rougeurs sur la peau. Le deuxième degré est superficiel et profond. Superficiel parce que causé par des phlyctènes. Et profond lorsque ces phlyctènes sont détruites et au fond il y a un aspect blanchâtre. Le troisième degré, c’est la destruction de toute couche cutanée appelée carbonisation. Il précise à ce niveau que la brûlure a un aspect nécrosé. D’après le pédiatre, la prise en charge d’une brûlure est pluridisciplinaire, c’est-à-dire qu’elle nécessite un centre spécialisé. Pour lui, il faut beaucoup de moyens parce que la maladie, en plus de la peau, atteint tous les organes. Les complications locales commencent en effet, au 72è jour de la brûlure. Et ensuite les complications générales peuvent aboutir au décès. La prise en charge dépend de la gravité, c’est-à-dire de l’étendue ou de la profondeur de la brûlure. Mais aussi de l’âge, de l’agent causal, des tares associées et du siège.

Pour le premier degré, le chirurgien pédiatre explique que le traitement ne dépasse pas une semaine à 10 jours lorsque la prise en charge se fait adéquatement et dans la célérité. Le deuxième degré superficiel ou profond guérit dans les 21 jours. Mais avec le deuxième degré profond, il précise qu’il faut compléter par des greffes cutanées lorsque ça ne se cicatrise pas.
Avec le troisième degré, il faut utiliser la nécrosectomie. Ensuite des pansements gras. « Une fois cela fait, on complète par une greffe cutanée», explique le chirurgien. Il précise que c’est dans les cas où la cicatrisation évolue favorablement. Dans le cas contraire, avec des nécroses des membres, il faut une amputation. Il faut aussi préciser que plus la prise en charge se fait tôt, plus il y a moins de séquelles. Ce qui permet d’éviter des complications qui peuvent survenir.

Ces complications sont souvent immédiates. Il s’agit de la malnutrition, l’anémie, la déshydratation. Les complications indirectes peuvent être des brides rétractiles. Par exemple, les enfants qui ont des brides et qui ne sont pas pris en charge rapidement peuvent développer des fibroses, des rétractions.
Le traitement nécessite une chirurgie au niveau des doigts ou autres. Avec la présence de certaines maladies comme le diabète, l’épilepsie, la drépanocytose, le VIH/Sida, la cicatrisation n’est pas facile. En effet, ces maladies sont des tares associées qui provoquent un retard de cicatrisation. Les difficultés sont énormes pour la prise en charge de enfants brûlés. étant le seul centre de prise en charge pour tout le Mali, l’hôpital Gabriel Touré ne dispose pas de plateau technique adéquat pour offrir des soins encore meilleurs à ces enfants brûlés et ne dispose que de 9 lits. La plupart des enfants sont issus de familles démunies alors que la prise en charge est très coûteuse. Pour éviter les brûlures, le pédiatre conseille une bonne surveillance des enfants mais surtout les éloigner de tous agents qui causent la brûlure au niveau de la cuisine. Il faut aussi protéger les prises et rallonges électriques.

Fatoumata NAPHO

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Fatoumata Napho

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