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Le chef du gouvernement, Moctar Ouane, a donné le coup d’envoi hier en inoculant la première dose du vaccin à Kati Drall

Le Mali, premier producteur de cheptel de l’Uemoa et deuxième de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) après le géant nigérian, veut hisser à l’avenir son élevage au premier rang continental. Cette ambition, affichée par nos autorités, sera atteinte indéniablement par la préservation de la santé des animaux. D’où l’organisation, chaque année, de la campagne de vaccination du cheptel national. La première dose de vaccin a été inoculée hier à Kati Drall par le Premier ministre Moctar Ouane qui lançait ainsi les activités au titre de la saison 2020-2021.

Accompagné par plusieurs membres du gouvernement, le Premier ministre a assuré les éleveurs et autres acteurs du domaine du soutien constant et de la disponibilité de toute son équipe à les accompagner. «L’élevage est un pilier important de notre économie que nous devons préserver, encourager et soutenir. Je suis là au nom du président de la Transition pour apporter le plein soutien du gouvernement à ce sous-secteur-là, soutenir les éleveurs, les encourager à développer des collaborations avec les services techniques en vue de la préservation de notre élevage. Je suis venu également pour apporter les félicitations du gouvernement au Laboratoire central vétérinaire qui constitue un laboratoire de référence au niveau du continent», a déclaré Moctar Ouane, dans une interview accordée à la presse, après avoir procédé à la remise symbolique des vaccins au ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche au profit de la direction nationale des services vétérinaires.

Le soutien à ce secteur qui contribue à environ 13% du Produit intérieur brut (Pib) est matérialisé par la hausse de 8,02% du nombre total de bêtes à immuniser. «Pour cette campagne de vaccination, les projections sont de l’ordre de 63.585.400 animaux à vacciner, toutes maladies confondues, contre 59.600.800 têtes en 2019-2020», a précisé le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche. La campagne de vaccination, a ajouté Mahmoud Ould Mohamed, permettra de mettre nos animaux à l’abri de plusieurs maladies animales, notamment la péripneumonie contagieuse bovine, la fièvre aphteuse, la peste des petits ruminants, la pasteurellose bovine, la pasteurellose ovine, la pasteurellose caprine, le charbon symptomatique, le charbon bactéridien et la maladie de Newcastle.

L’ARRÊT DU RACKET- Les projections de vaccination ont été faites en tenant compte de l’engagement du Mali à s’inscrire dans le processus sous-régional d’éradication de la peste des petits ruminants à l’horizon 2030 et de contrôle progressif de la péripneumonie contagieuse bovine à l’horizon 2025. Elles visent à consolider les acquis et les bons résultats obtenus en la matière. «Pour ce qui concerne la péripneumonie contagieuse bovine, maladie à laquelle notre cheptel continue de payer un lourd tribut dans certaines zones d’élevage, le taux de couverture vaccinale a progressé de 69,30% à 80,72% au cours de la campagne écoulée.

La surveillance épidémiologique des maladies transfrontalières, notamment la grippe aviaire et la fièvre de la vallée du Rift sera accrue dans le cadre du concept «Une seule santé», a promis le chef du département en charge de l’Élevage. Pour ce faire, outre les agents du secteur public, 162 vétérinaires privés titulaires du mandat sanitaire et leurs personnels participeront aux activités de vaccination, a assuré le ministre Mahmoud Ould Mohamed.
L’atteinte de ces objectifs et le succès de la campagne qui vient de commencer dépendront de la mobilisation des éleveurs, premiers bénéficiaires des bienfaits de la vaccination. Intervenant à cet effet, le président du marché à bétail Kati Drall a exhorté les éleveurs et les autres professionnels de l’élevage à faire vacciner les animaux conformément à la réglementation en vigueur. El Hadj Mamadou Bolly les a invités à œuvrer pour la protection des animaux en les faisant vacciner. «Car soigner les animaux, c’est prévenir l’homme contre diverses maladies d’origine animale ou humaine», a-t-il précisé.

Tout en plaidant pour l’arrêt du racket dont sont victimes les convois de bétail notamment au niveau des postes de contrôle, l’éleveur a demandé de mettre un terme aux attributions illicites et inappropriées de parcelles sur le site de Kati Drall et sa périphérie. Cela afin, selon lui, de permettre aux éleveurs de disposer d’espace pour l’embouche et autres activités profitables aux éleveurs et aux consommateurs. Car plus les coûts d’élevage sont moins onéreux, plus le prix du kilo de viande reviendra moins cher à la population, a soutenu El Hadj Mamadou Bolly. Pour Abou Sall, éleveur venu de Dilly (Nara), les résultats des campagnes de vaccination sont tangibles et l’intérêt de la vaccination se confirme d’année en année. Toutefois, il faudra, selon lui, protéger davantage l’habitat naturel des animaux contre les feux de brousse qui ravagent le fourrage, principale nourriture animale et la moins coûteuse.



Cheick M. TRAORÉ

autho

Cheick Moctar Traoré

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