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Du champion du Mali des welters, Ibrahima Soumaré, à la star montante du noble art malien, Alou Sacko, en passant par le mi-lourd Abdoulaye Traoré ou encore le poids lourd Tidiane Maïga, cette année, les combattants ont produit du spectacle et fait vibrer le public de la Maison des Jeunes par leur prestation

L’édition 2020 du championnat national de boxe qui s’est disputée les 19 et 20 février à la Maison des jeunes, restera comme l’une des plus belles de l’histoire de la compétition. Non seulement les ligues affiliées à la Fédération malienne de boxe (FEMABOXE) se sont fortement mobilisées (cinq ligues de l’intérieur et la Ligue du District de Bamako ont participé à la compétition), mais les combats ont également été d’un très bon niveau. Exception faite de la finale des lourds (91kg) qui a mis aux prises deux néophytes, Tidiane Maïga de l’Usfas et Abdoulaye Sogodogo du Stade malien, tous les autres combats ont donné lieu à de belles empoignades qui ont fait vibrer les spectateurs de la Maison des jeunes. Le combat le plus attendu était le choc Ibrahima Soumaré de Star boxing club (SBC) et Moussa Diabaté de l’Usfas. Champion du Mali en titre, le premier a évolué sous les couleurs du club militaire pendant plusieurs années, avant de claquer la porte pour rejoindre le camp rival. Ce départ en fracas a laissé des plaies des deux côtés et Ibrahima Soumaré avait à cœur de régler ses comptes sur le ring et prouver qu’il reste le roi de la catégorie des welters au Mali.

Visiblement en grande forme, le pugiliste a dominé le combat de bout en bout (trois rounds de trois minutes) et n’a laissé aucune chance à son adversaire. Ce dernier a eu le mérite de résister jusqu’au bout et éviter le K.O., mais à aucun moment, le pensionnaire de l’Usfas n’a pu mettre le champion du Mali en difficultés, à fortiori, prouver qu’il pouvait gagner le combat. L’autre confrontation qui a suscité beaucoup de passion a été la finale des poids plumes (57kg) entre Zakaria Diarra de l’Usfas et Alou Sacko de Star boxing club.

Les pugilistes se sont afffrontés dans sept catégories

Explication : lors de la compétition consacrée aux éliminatoires, Alou Sacko avait été la grande attraction, battant deux habitués du championnat national pour se hisser en finale. Malgré cette belle prestation, les chances du jeune pugiliste étaient théoriquement très minces face au briscard Zakaria Diarra et nombre d’observateurs prédisaient une victoire facile, voire par KO du pensionnaire de l’Usfas. Mais quelle ne sera la surprise du public de voir Alou Sacko contester la suprématie de son aîné pendant presque tout le combat, ne laissant entrevoir aucun signe de fatigue ou de relâchement. Dès la fin du combat et sans attendre le verdict des juges, tout le camp du jeune pugiliste s’est mis à entonner son nom. Alou Sacko n’a pas réussi à réaliser son rêve de s’adjuger le titre suprême (il s’est incliné aux points), mais comme l’a souligné un ancien boxeur aujourd’hui promoteur d’un centre de boxe, il a marqué le championnat national de son empreinte et pris date pour les futures échéances.

Dans les autres combats, Drissa Sidibé de l’Usfas a été sacré champion du Mali des poids légers (63kg) face à Yaya Sogodogo de Sikasso, alors que les titres des poids moyens (75kg) et des mi-lourds (81kg) sont revenus à Yacouba Diarra de la Commune I et Abdoulaye Traoré de l’Usfas, vainqueurs respectifs de Modibo Camara de Kayes et Sékou Kanté de Koulikoro. Chez les lourds (91kg et 91kg et plus), Tidiane Maïga de l’Usfas et Abdrahamane Coulibaly du Club Fofana ont enlevé la médaille d’or, en battant, respectivement Abdoulaye Sogodogo du Stade malien et Chaka Traoré de Star boxing club.
L’un des temps forts de la compétition a été la remise de sacs d’entraînement aux ligues de l’intérieur par l’ancien boxeur, Salif Cissé, un Malien installé aux états-Unis. Selon le donateur, les six sacs ont coûté plus d’un million de Fcfa (350 dollars par sac), sans compter le transport. Il y a quelques années, Salif Cissé avait gracieusement remis un ring à la Fédération malienne de boxe et créé un centre de boxe à Bamako.

L’ancien boxeur est également promoteur d’un établissement scolaire. Le président de la FEMABOXE, le colonel Raoul Diakité a adressé ses remerciements à celui qu’il considère comme un bienfaiteur pour la boxe malienne et espère que le geste de Salif Cissé va inspirer d’autres Maliens, de l’intérieur comme de l’extérieur. Concernant le championnat national proprement dit, le premier responsable du noble art malien dira que l’organisation «a été parfaite et a comblé toutes les attentes de la fédération». «Je félicite la commission d’organisation qui a fait un travail extraordinaire et rends hommage aux responsables de ligues qui se sont mobilisés pour la réussite de l’événement», a souligné le colonel Raoul Diakité, dont c’était le deuxième championnat national à la tête de l’instance dirigeante de la FEMABOXE (Raoul Diakité a succédé en 2019 à Mamadou Sanogo qui a dirigé la fédération pendant plus de deux décennies).

Souleymane B. TOUNKARA

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Souleymane Bobo Tounkara

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