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Il attend son compagnon voleur au coin de la rue et se fait surprendre par la foule à la place de celui-ci. Devinez la suite

Après environs 5 ans de détention préventive, ST est ressorti libre du tribunal au terme de son procès. Reconnu non coupable des faits d’association de malfaiteurs, détention illégale d’arme à feu et vol qualifié, faute de preuves, il a été tout simplement acquitté. Son inculpation remonte à courant 2016 pour des faits qui se sont passés à Médina-Coura en Commune II du District de Bamako.
Selon l’acte d’accusation, les faits ont eu lieu précisément dans la nuit du 26 au 27 mars de l’année citée plus haut. Ce jour-là, aux environs de 23 heures, le nommé ST était accompagné de C, un ami. Sur une moto Djakarta les deux se sont rendus au chevet d’un proche alité à l’hôpital pour raisons de maladie. Sur le chemin du retour, ils furent un arrêt au cours duquel son ami un certain C voulut se rendre dans une boutique du coin de rue. Ce dernier avait très probablement remarqué une moto garée devant cette boutique. Sans hésiter une seconde, il est allé s’emparer de cet engin à deux roues. Son coup a foiré car il a été aperçu avant d’être poursuivi par la clameur publique. Pourchassé par la foule en colère, C n’a eu d’autres choix que se débarrasser de l’engin volé, pour rejoindre son compagnon ST qui l’attendait impatiemment sur la moto, dans un coin, à côté.

Nos sources judicaires n’expliquent pas comment cela a pu se passer. Mais, il semble très probable que le voleur a été confondu à son ami ST qui l’attendait, assis sur la moto dans la rue. C’est ce dernier a, par la suite subi, les foudres de la foule chauffée à blanc. Passé à tabac durant plusieurs minutes par la population, il est admis dans un état comateux à l’infirmerie du Camp N°1 de la gendarmerie nationale puis au CHU Gabriel Touré, avant d’être interpellé par la brigade territoriale de gendarmerie de Bamako Coura. Les pandores ont ouvert une enquête aux termes desquelles, le pauvre ST fut inculpé avant d’être renvoyé devant des juges de la Cour d’assises de Bamako.
Là, il n’a pas reconnu les faits tel que cela ressort de l’arrêt de renvoi. Mieux, il a même clamé son innocence se défendant d’avoir volé l’engin en question. « J’ai été confondu avec mon ami par la foule qui le poursuivait avoir volé une moto », ne cessait-t-il d’expliquer. Dans ses explications, le jeune homme tentera de convaincre la Cour qu’il s’est retrouvé au mauvais moment et au mauvais endroit. Tout au long des débats, ST est resté constant dans ses explications, en soutenant mordicus n’avoir pas volé, et précisant que c’était son ami qui en était l’auteur. Pour mieux convaincre les juges, l’inculpé ajouta n’avoir jamais eu connaissance du caractère voleur de ce dernier. Un ami qu’il a l’habitude de côtoyer. « Je l’attendais quand je l’ai vu venir vers moi poursuivi par la foule, il a laissé tomber la moto qu’il avait, avant de me demander de démarrer la mienne. Par la suite, il s’est sauvé et j’ai été pris par la foule à sa place », détaillera-t-il avec un sang froid hors du commun.

En dépit de tout, les juges sont restés sceptiques face à ses déclarations. « Mais il ressort que tu possédais une arme sur toi », lui demanda le président. Réponse de l’inculpé : « Je n’avais pas d’arme sur moi. C’est à la brigade de la gendarmerie qu’un agent m’a montré cette arme qu’il avait prise avec un autre malfrat », répondit l’inculpé, d’un air étonné. Le ministère public dans son réquisitoire a reconnu avoir rencontré un malaise dans ce dossier en l’absence de témoins pour éclairer la lanterne de la Cour. « Nous n’avons que les déclarations de l’accusé. Il y’a un doute par rapport aux faits reprochés à l’accusé. On ne peut que le maintenir pour complicité des faits », a dit le magistrat. Visiblement, le parquet semble n’avoir pas eu de preuves irréfutables contre ST pour le maintenir dans les liens de l’accusation. C’est pourquoi, il a fait sien l’adage selon lequel « mieux vaut libérer mille coupables que de condamner un innocent ». Le défenseur des citoyens a requis de ne pas le maintenir dans les liens de l’accusation. Il a reconnu l’accusé non coupable. La tâche facilitée, le conseil de celui-ci a abondé dans le même sens que le parquet. Pour l’avocat, aucun élément des infractions reprochées à son client ne tient. « Il n’a pas participé au vol, il l’ignorait. Il ne faisait qu’attendre son ami sans connaitre son dessein », a-t-il soutenu. Ainsi, l’avocat ne pouvait que plaider non coupable et solliciter la cour d’acquitter son client. Au terme des débats, la Cour dans sa sagacité a reconnu ST non coupable et l’a tout simplement acquitté.
Aminata Diarra

…Voleuse d’enfant

Employée de commerce, dame OT dite Gnélé a comparu devant les juges de la Cour d’assises pour enlèvement de personne. La victime ? Le nouveau-né de AT, une amie à elle. Il suffit que les faits s’avèrent pour que la suspecte tombent sous le coup des dispositions des articles 202 et 213 du code pénal. L’histoire remonte à mars 2017 alors que les deux femmes venaient de faire connaissance sur un site d’orpaillage de Forogo dans le Cercle de Kangaba.
à la date indiquée ci-dessus, les deux dames se sont rencontrées dans la localité citée. Avec le temps, elles ont tissé un lien d’amitié. Peu de temps après dame AT tomba enceinte. Mais il se trouve qu’elle était déjà fiancée dans son village natale à Barouéli (Ségou). Difficilement elle pouvait retourner avec une grossesse indésirée au village. Elle expliqua le problème à sa copine et confidente qui n’est autre que OT. Cette dernière a accepté de lui trouver un abri chez elle, en attendant que les choses aillent mieux. Et tout est allé vite.

Quelques mois passèrent, AT accoucha d’une fillette à Bamako où elle était hébergée par une parente de son amie. Sur place tout passera normalement jusqu’à ce jour où tout a basculé entre les deux dames. Ce jour-là donc, OT invita la nouvelle maman d’aller prendre un bain. Ce qui obligeait cette dernière à lui confier la garde du nourrisson avant de terminer de prendre sa douche. Ainsi dit, ainsi fait. Mais avant, elle confia son bébé à son amie et confidente. Cette dernière profita de son absence pour disparaître avec le nouveau- né. Sa cavale durera deux ans avant que les policiers du 1er arrondissement de Kati l’interpellent à la suite d’intenses recherches.

Devant les juges l’inculpée a tout simplement reconnu les faits. Mais elle a tenté de se défendre pour donner sa version des faits. Elle expliqua que c’est la mère du nourrisson qui le lui a remis en main propre. La cause, selon l’inculpée, la jeune mère avait peur de retourner au village avec un enfant sous les bras alors qu’elle y était déjà fiancée. Visiblement sa tentative de se soustraire de la justice par ces moyens échoua. Dans la foulée, les juges lui ont demandé de connaître ses motivations pour la commission d’un tel acte alors qu’elle est déjà mère de deux enfants. Là aussi, l’accusée s’est défendue bec et ongle. Elle écarta toute intention de vol, en affirmant qu’elle avait agit de la sorte, juste pour débarrasser son amie de ce fardeau, conformément aux souhais de cette dernière qui ne voulait pas du tout retourner au village avec un bébé sous les bras. L’inculpée a reconnu néanmoins qu’elle avait eu une certaine affection vis-à- vis de l’enfant durant le temps de sa cavale avec celui-ci. Aux yeux des jurés, cela ne pouvait justifier le fait d’avoir enlevé l’enfant sans le consentement de sa mère. Et, durant deux ans.

Le ministère public a mis l’occasion à profit pour rappeler la gravité des faits. Le défenseur des citoyens a requis de maintenir la jeune dame dans les liens de l’accusation en lui accordant des circonstances atténuantes vu qu’elle est délinquante primaire. Quant à la défense de l’inculpée, elle a mis l’accent sur l’état de démence de sa cliente qui, s’il faut croire l’avocat, a agi alors qu’elle ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales. « Comment est-ce qu’on peut comprendre que cette dame, déjà mère de deux enfants, puisse s’enfuir avec l’enfant sans le consentement de sa mère », demandera le conseil de l’inculpée qui a fini par plaider de larges circonstances atténuantes au profit de sa cliente. à la fin des débats, la Cour a reconnu l’inculpée coupable des faits avec des circonstances atténuantes. Elle a écopé de 18 mois de prison, dont 16 déjà purgés. Elle devra attendre deux mois pour retrouver
l’air libre.

A.D

autho

Aminata Diarra

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