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Plus de 47 vaccins contre le coronavirus sont en cours d’essai clinique dans le monde. Depuis l’apparition du coronavirus en décembre 2019, pour la première fois en Chine, les regards sont tournés vers les grandes firmes pharmaceutiques. Une course au vaccin salvateur est lancée et de gros moyens sont injectés pour être le premier à trouver la formule, la bonne formule. Cette course contre la montre porte non seulement des gènes de volonté politique de démonstration de force, mais aussi l’ADN du gain. La pandémie a fini de conquérir le monde et le vaccin doit être acheté pour tous les occupants de la planète.


Les vieux démons de la guerre froide refont surface. Les médias prennent ouvertement position. Comme si la guerre était déclarée. Les annoncent fusent de tous les coins de la terre. Les premières nouvelles viennent de Madagascar. Le vent malgache apporte jusqu’à l’oreille de l’Europe qu’une plante cultivée sur ses terres guérit parfaitement le coronavirus. L’arthemesia devient célèbre. L’Organisation mondiale de la Santé botte en touche en invitant à la retenue et surtout à la prudence. Mais le président de l’île persiste et signe. Certains pays le croient sur parole et passent des commandes.


Au même moment, le débat s’intensifie en France. Le professeur Raoult serait devenu fou. Il est présenté comme celui qui banalise le traitement de la Covid en le ramenant à une simple question de chloroquine. Ce crime de lèse majesté ne lui sera pas pardonné par l’intelligentsia de la médecine. À coup de gueules, il est combattu. Il finit par se taire, même s’il maintient sa formule contre vents et marrées.


Lire aussi: Communiqué du conseil des ministres du 10 février 2021


Quelques semaines passèrent. Le monde souffre. Les personnes âgées tombent comme des mouches. Les centres de soins saturés. Il est temps de sortir l’antidote. Pendant que les puissances médicamenteuses classiques passent les annonces de progrès en petite dose, voilà le président russe qui déclare que son pays a réglé le problème. Vladimir Poutine, comme à ses habitudes, annonce à la télévision russe que ses laboratoires seront les premiers à sortir le vaccin. Il sera le plus sûr et très abordable, annonce le russe.


Outre atlantique, l’Europe -qui aussi son vaccin- crie au scandale. L’annonce russe fait polémique. Le crime de la Russie est d’avoir eu la prétention d’avoir réussi la où la France, pays de Pasteur, à échoué. Certains ont même poussé le bouchon jusqu’à s’en prendre au leader russe sur la vaccination de sa propre fille. Les médias sortent la grosse artillerie pour abattre la prouesse russe. Or, les résultats détaillés du vaccin Sputnik V, mis au point par la Russie, viennent d'être publiés. Son efficacité globale est de 91,6 % avec des effets secondaires un peu plus marqués que ceux des vaccins à ARNm. Le ministre russe de la Santé, Mikhail Murasko a déclaré que : « L'utilisation du vaccin et les résultats des essais cliniques démontrent qu'il s'agit d'une solution efficace pour arrêter la propagation de l'infection à coronavirus, un outil de soins de santé préventif, et c'est la voie la plus fructueuse pour vaincre la pandémie ».


Aux États-Unis, l’ancien président a son vaccin avant tout le monde. Confirmation s’il y a besoin de la suprématie américaine. Trump qui banalisait le virus et qui a fini par en être malade et guéri, s’est tapé la poitrine d’avoir été la première puissance à vacciner ses concitoyens. Mi-novembre 2020 déjà, la société de biotechnologie américaine Moderna a annoncé dans un communiqué que son vaccin contre le Covid-19 était efficace à 94,5 %. Une semaine plutôt, le laboratoire pharmaceutique Pfizer avait annoncé un premier vaccin efficace à 90 %.


Les télévisions sont les témoins privilégiés de séances de vaccination de l’élite. Le vice-président américain, Mike Pence, s'est fait injecter en direct à la télé le vaccin de Pfizer contre la Covid-19. Le président Trump s’emballe et s’empresse de lancer sa campagne de vaccination le plus vite possible. Une véritable course contre la monde. L’agence américaine du médicament donne rapidement son feu vert au vaccin de Pfizer. Plusieurs millions de doses ont immédiatement été envoyées aux quatre coins du pays.


En France, même son de cloche. Le président français et son premier ministre multiplient les sorties et les campagnes de sensibilisation. Chemin faisant, Emmanuel Macron chope le virus au passage. Il est confiné dans une de ses résidences officielles. La France est de nouveau bouclée. Le vaccin est annoncé mais il n’a pas sorti son nez des laboratoires français.


Sanofi Pasteur, l’entité mondiale Vaccins de Sanofi, basée à Lyon, travaille d’arrache-pied sur deux candidats vaccins contre le coronavirus SARS-CoV-2, faisant appel à deux technologies différentes. Mais la presse française semble piquer d’une forte dose de chauvinisme commence à tirer à boulet rouge sur l’industrie pharmaceutique de son pays. Quelques médias influents tempèrent : Sanofi n’a pas rendu les armes dans sa recherche pour un vaccin anti-Covid. Ce, malgré les déconvenues qui ont suscité un sentiment d’échec chez les analystes de BFM Business.


« Après le retard de Sanofi, c'est au tour de l'Institut Pasteur qui était associé à l'américain Merck de déplorer des résultats insuffisants pour son principal candidat vaccin », constate le média français. « À la suite de résultats intermédiaires d'essais cliniques de phase I, l'Institut Pasteur arrête le développement d'un de ses candidats vaccins, celui basé sur le virus du vaccin contre la rougeole », explique l'Institut dans un communiqué. Ce deuxième échec signe-t-il la faillite de la recherche médicale en France souvent décrite comme le «pays de Pasteur» ? Les français semblent être déçus de leurs scientifiques.
Dans cette guerre froide du vaccin, l’Afrique n’a que peu de mots à dire. Le magazine Jeune Afrique a posé le débat. Vraie question mais fausse problématique. Les pays africains ont d’autres équations à résoudre. « Alors que la vaccination contre le Covid-19 démarre dans la plupart des pays occidentaux, les pays africains, touchés de plein fouet par la deuxième vague épidémique, se préparent également pour leurs propres campagnes. Un défi à plusieurs titres », constate la d'information en continue France 24. Tout y est dit.


La course à la fabrication du vaccin est réservée aux grandes puissances. Situation qui n’est pas sans rappeler la guerre froide durant la seconde moitié du XXᵉ siècle, entre d'une part les États-Unis et leurs alliés constitutifs du bloc de l'Ouest et d'autre part l'Union des républiques socialistes soviétiques et ses États satellites formant le bloc de l'Est.


Ahmadou CISSÉ
autho

Ahmadou Cissé

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