single

«Aborder le Livre sacré avec l’intelligence du passé et le cœur du présent»
Dans l’un des passages des Révélations coraniques relatifs à la mission divine de l’Ultime messager (PSL), il est dit notamment : «Nous avons inspiré les prophètes dont nous t’avons déjà raconté l’histoire précédemment et des prophètes dont nous ne t’avons point raconté l’histoire…» (4-164). De multiples récits de peuples passés auxquels appartenaient ces prophètes jalonnent ainsi les divers cycles des révélations. Évoquant à ce propos les dimensions de l’approche du Texte sacré, un théologien relèvera que rien n’est dû au hasard dans ces récits pour ceux qui portent la foi. Selon lui, l’on peut percevoir dans ces histoires le degré de proximité que nous avons avec le Texte révélé.

A cet effet, l’une des recommandations qu’il ne manque jamais d’adresser à son auditoire lors des sessions d’exégèse est d’établir une relation particulière avec ces récits de peuples passés. Afin que le fidèle musulman appréhende la place du Livre sacré dans la vie, ce théologien souligne par ailleurs la nécessité de le «lire avec l’intelligence du passé et le cœur du présent». Car selon lui, «lorsque le Coran parle du passé, il parle à notre intelligence présente dans l’analyse de faits qui sont de notre époque».
En se référant ainsi à l’importance de la foi face aux épreuves de la vie, il est rapporté l’histoire d’un jeune homme et de son peuple qui ont vécu la persécution et la terreur sans renoncer à leur croyance en l’Unique. Selon des hadiths confirmés par différentes sources, il était un souverain dont le magicien ayant atteint un âge canonique, voulut assurer sa succession en formant un jeune homme à son métier. Au cours de son cycle de formation, ce jeune, avant de se rendre chez le magicien, faisait régulièrement halte chez un ermite qui lui enseignait l’unicité du Créateur. Il se retrouvait ensuite dans l’univers de l’illusion du vieux magicien. Le jeune homme a vécu ce déchirement jusqu’au jour où il vint à rencontrer une bête qui avait terrorisé pendant longtemps les gens de sa contrée.

Invoquant l’enseignement de l’ermite, il implora le secours du Tout-Puissant et parvint à mettre l’animal à mort, libérant son peuple de la crainte. Lorsqu’il rapporta ces faits à l’ermite, ce dernier lui fit savoir qu’il devait désormais se préparer à subir des épreuves dans sa vie, et que lui n’avait plus rien à lui apprendre. Commença alors pour le jeune homme une période au cours de laquelle furent enregistrés à son actif de nombreux cas de guérisons miraculeuses. A l’étonnement et aux sollicitations de son entourage, il se défendait d’avoir quelque possibilité de guérir quiconque. «C’est le Seigneur qui en a le pouvoir», se contentait-il de répliquer.
Le souverain du jour en prit ombrage, fit quérir le jeune homme et lui demandant s’il se recommandait d’un seigneur autre que lui, le soumit à la torture pour le contraindre à l’apostasie. Le peuple qui avait adhéré à la cause du jeune homme dans sa constance dans la Vérité, eut tout aussi bien sa part de supplices, sans que personne ne renonce à sa foi. Il est dit à ce propos dans le Livre saint : «Ceux qui font subir des épreuves aux croyants et aux croyantes, puis ne se repentent pas, auront le châtiment de l’enfer et le supplice du feu». (85 - 11).

A. K. CISSÉ

autho

Abdoul Kadry Cissé

ARTICLES CONNEXES

VOIR TOUT

LES PLUS RECENTS

VOIR TOUT

TWITTER