single

Mme Djikiné Hatouma Gakou salue les efforts consentis en faveur de cette couche sociale

Plus d’un milliard de personnes souffrent de handicap dans le monde. La journée, instituée par les Nations unies en 1992, est l’occasion d’attirer l’attention des décideurs et partenaires sur leurs préoccupations

À l’instar de la communauté internationale, notre pays célèbre, aujourd’hui, la journée internationale des personnes handicapées que consacre le 3 décembre sur le thème international : «Développons notre résilience collective pour trouver et mettre en œuvre des solutions durables, afin de ne laisser personne de côté pendant et après la Covid-19». Cette Journée a été décrétée en 1992 par l’Assemblée générale des Nations unies.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus d’un milliard de personnes, soit environ 15% de la population mondiale, souffrent de handicap. Ce chiffre devrait augmenter compte tenu du vieillissement de la population et de l’augmentation de la prévalence des maladies non transmissibles. Selon les estimations de la Banque mondiale et de l’OMS, en 2011, notre pays comptait plus de 2 millions de personnes handicapées. Environ 80% de cette population n’ont pas fréquenté l’école.

La commémoration de la Journée participe de la sensibilisation des communautés et de la mobilisation générale des acteurs en charge des questions de handicap sur des préoccupations essentielles des personnes handicapées, notamment celles liées à leur inclusion et à l’amélioration de leurs conditions de vie. L’objectif est également d’attirer l’attention sur l’importance de la prise en compte de leurs besoins spécifiques dans les lois, politiques et programmes de développement.

Dans un communiqué dont nous avons reçu copie, la présidente de la Fédération malienne des associations de personnes handicapées (FEMAPH), Mme Djikiné Hatouma Gakou, a remercié les autorités et les partenaires pour les efforts consentis en faveur des personnes handicapées. Concernant les acquis, en matière de protection des droits des personnes vivant avec un handicap, elle a cité notamment la ratification de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées et l’adoption de la loi relative aux personnes vivant avec un handicap dans notre pays. Et d’inviter les autorités à diligenter l’adoption du décret d’application de cette loi.

Au nombre des défis, a-t-elle ajouté, il y a la scolarisation et la mise en place de l’éducation inclusive, l’appui aux Institutions d’éducation spéciale, l’utilisation du braille, l’interprétation de la langue de signe, la prise en charge sanitaire et orthopédique. La mise en place d’une ligne budgétaire pour la FEMAPH et la poursuite de l’intégration socio-économique des personnes handicapées par la mise en œuvre du Plan stratégique pour la promotion socioéconomique des personnes en situation d’handicap (2015-2024), adoptée depuis 2015 demeurent aussi des challenges importants.

«Quand les enfants de l’école des sourds obtiennent le Diplôme d’études fondamentales (DEF), ils ne peuvent plus poursuivre leurs études parce que les professeurs n’ont pas été formés à la langue de signe. Les enfants déficients intellectuels incapables d’écrire avec la main sont victimes des mêmes difficultés. Une des victimes (une fille) s’est vue refuser pour la troisième fois le droit de faire le baccalauréat parce qu’elle ne peut pas écrire», a regretté Hatouma Gakou.
Pour sa part, le président de l’Union malienne des aveugles (UMAV), Hadji Barry, a rappelé toute l’importance que revêt la Journée internationale des personnes handicapées.

Il a précisé que sa commémoration interpelle à agir contre les inégalités et la marginalisation. Pour lui, les non-voyants sont confrontés à des difficultés, notamment la faible scolarisation des handicapés visuels, la mauvaise condition de prise en charge des élèves dans les structures spécialisées et l’absence des livres en braille dans les bibliothèques au Mali. Sékou Moctar Sogoba fait partie de la soixante de diplômés handicapés visuels que compte notre pays.

«À la faculté, je me demandais si je pouvais continuer mes études en anglais car toutes les leçons étaient écrites au tableau ou dans des brochures mises à la disposition des étudiants. Je devais transcrire toutes ces copies en braille afin de les lire», a-t-il rappelé. Celui qui détient une maîtrise en anglais est surveillant assistant au lycée de l’Union des aveugles du Mali (UNAM).
Les diplômés handicapés étaient intégrés dans la Fonction publique de l’État à titre exceptionnel. Mais depuis 2013, la mesure a été levée.

Mohamed D. Diawara

autho

Mohamed D. Diawara

ARTICLES CONNEXES

VOIR TOUT

LES PLUS RECENTS

VOIR TOUT

TWITTER