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Après le report de la rentrée scolaire, les enseignants des établissements privés ont décidé de tenir une assemblée générale, mercredi dernier au lycée Aminata Ba Diallo (LBAD), à l’appel du Syndicat libre des enseignants des écoles privées du Mali (SYLEEP). Ils ont exprimé leur désarroi face à une situation qui les préoccupe. En effet, la plupart d’entre eux ne perçoivent pas de rémunérations depuis la fermeture des écoles pour raison de Covid-19. Certains sont même à 10 mois sans salaire et jugent cette «situation intenable». Ils réclament donc un accompagnement de l’état en cette période de crise sanitaire et de conjoncture économique. Selon les enseignants du privé, le gouvernement fait montre d’une lamentable indifférence face à leurs conditions de vie précaires.
Est-il besoin de rappeler que la Covid-19 continue de sévir dans notre pays. Cette réalité justifie, selon les autorités compétentes, la décision de reporter la reprise au 25 janvier prochain pour éviter une éventuelle propagation du virus de la pandémie dans l’espace scolaire. Les enseignants du privé n’apprécient guère cet énième report de la rentrée scolaire parce qu’ils estiment simplement que la reprise allait apporter une véritable bouffée d’oxygène. Ils sont donc décidés à faire entendre leur voix par un sit-in prévu, aujourd’hui, devant le ministère de l’éducation nationale.

Le secrétaire aux revendications du bureau exécutif national du SYLEEP, Allassane Touré, a saisi l’opportunité pour interpeller les autorités de la Transition à veiller au maintien de la nouvelle date d’ouverture des classes avec toutes les mesures qui s’imposent, en termes de respect des mesures barrières au sein des établissements. Il appelle de ses vœux des mesures d’accompagnement afin de soulager les enseignants des établissements privés et urgemment à veiller au respect strict des textes qui régissent les écoles privées. Il souhaite l’instauration d’un fonds d’aide spéciale pour l’enseignement privé (FASEP) et l’accompagnement de son syndicat dans l’élaboration d’une convention collective.
Quant au secrétaire général du SYLEEP, Abdoulaye Fotigui Berthé, il a expliqué que cette convention reste leur leitmotiv. Il indiquera aussi que l’enseignement privé est un secteur vital pour le développement de notre pays. Et d’argumenter sur le rendement des écoles privées en termes de qualité de formation. «Nous demandons au ministre de l’éducation nationale et au président de la Transition de prendre les mesures urgentes à l’endroit des enseignants des écoles privées. Ceux-ci vivent aujourd’hui dans un désarroi total. Ils ne savent plus à quel saint se vouer. Nous fondons beaucoup d’espoir sur les nouvelles autorités afin qu’elles nous viennent en aide», a lancé le syndicaliste.
Selon le syndicaliste, le coronavirus doit les amener à une prise de conscience et à l’autoévaluation afin de prendre leur responsabilité face à l’histoire. «Ne nous trompons pas d’ennemis, soyons légalistes et responsables dans tout ce que nous entreprenons. Le syndicalisme implique de la sérénité, du savoir, mais aussi du savoir-être», a-t-il expliqué à ses camarades.
Raphael Traoré, enseignant dans un établissement privé, a confié que son établissement lui doit des arriérés de salaire depuis mars dernier. Il dit avoir été contraint d’abandonner cette école pour chercher à se faire employer dans un autre établissement, à même de le payer.



M. D. D.

autho

Mohamed D. Diawara

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