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Le président guinéen entend mener implacablement la lutte contre la corruption, le népotisme et le clientélisme dans son pays

Le président de la République de Guinée Conakry, Pr. Alpha Condé, réélu pour un troisième à l’issue de l’élection présidentielle du 18 octobre dernier, a prêté serment, mardi dernier, devant la Cour constitutionnelle au cours d’une audience solennelle au Palais Mohamed V (ancien Palais de la nation). Conformément à l’article 47 de la Constitution de son pays, il ne sera installé dans ses fonctions que le 21 décembre prochain.


Tous les détails avaient été peaufinés pour rendre la cérémonie mémorable, voire historique l’évènement. C’est donc une Guinée relookée (la capitale Conakry a changé de visage, le visiteur qui revient après trois ou quatre ans d’absence s’en rendra compte tout de suite), parée de ses atouts des grandes rencontres internationales qui a accueilli ses invités à l’investiture du président Condé, réélu pour un troisième mandat avec 59,50% selon les résultats définitifs proclamés par la Cour constitutionnelle.


10 chefs d’Etat africains, dont le président de la Transition, Bah N’Daw, 3 Premiers ministres, notamment ceux de Djiboutie, du Gabon et de l’Ouganda mais aussi des vice-présidents, des présidents des Assemblées nationales de pays africains et des délégations européennes ont répondu à l’invitation du président guinéen.

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Après lecture de l’arrêt de la Cour constitutionnelle par le greffier en chef de l’institution, Alpha Condé a été invité à prêter serment et à endosser fidèlement, légitimement et légalement les charges de président de la République. Le serment conclut qu’en cas de parjure, il subira la rigueur et toute la rigueur de la loi. Et Alpha Condé sacrifia ainsi au rituel constitutionnel.


RETROUVER SON LUSTRE D’ANTAN. Dans son intervention qui suivra, le présent de la Cour constitutionnelle de la Guinée, Mohamed Lamine Bangoura, a invité le président de la République à gouverner autrement, c’est-à-dire à bien choisir les cadres, à s’inscrire dans une logique de transparence et de redevabilité. Il a aussi invité Alpha Condé à décupler les efforts au cours de ce troisième mandat pour maintenir le cap du développement et de l’unité du peuple guinéen. Il rappellera les actions accomplies par le président Condé pour que la Guinée retrouve son lustre d’antan.


Les membres de la Cour constitutionnelle ont ensuite salué le président, en respectant la distanciation recommandée par l’Organisation mondiale de la santé dans le cadre de la croisade contre la pandémie de la Covid-19. Le président Condé recevra quelque temps après le collier de Grand maître des Ordres nationaux de son pays, avant d’être invité à faire son allocution. Celle-ci fut belle et dans le style et dans le sens. Il dit mesurer l’ampleur et les attentes de ses fonctions, croire au talent et à l’énergie de la jeunesse mais surtout à l’engagement des femmes de la Guinée.


« Je crois aux vertus du dialogue et de la concertation. J’ai acquis la conviction que la Guinée se fera avec tous les Guinéens mais chacun doit respecter la loi», a expliqué le président réélu de la Guinée Conakry. Son discours était axé sur des grands thèmes de discussions des rencontres internationales (lutte contre la corruption et le terrorisme, respect des droits humains) mais aussi des défis majeurs qui attendent son pays, notamment l’amélioration de la gouvernance, le respect des instructions du pays et autres.


Pour Alpha Condé qui s’engage à gouverner autrement relève que la lutte contre la corruption, le népotisme et le clientélisme sera farouchement menée. Il annoncé des mesures fortes dans ce sens, notamment par rapport aux déclarations des biens des ministres. Il sera, désormais, exigé d’eux une déclaration de leurs biens mais aussi de ceux de leurs épouses et de leur progéniture.


Et d’expliquer aussi que gouverner autrement, c’est aussi travaillé pour les couches défavorables, donner la chance à la jeunesse d’exprimer son savoir-faire mais surtout se mettre au service du peuple. Il a émis le vœu de voir l’Afrique qui a raté les trois premières révolutions industrielles pour des raisons diverses, notamment la colonisation, s’arrimer au train du progrès. Il recevra les félicitations et encouragements des ses homologues et autres hôtes de marque.


Il faut rappeler que nos de Le président guinéen, à 82 ans, est l’un doyen d’âge des chefs d’Etat africains. Cet universitaire, né en Basse-Guinée, est connu pour avoir été longtemps un farouche opposant au pouvoir en. Il a été élu en novembre 2010, puis réélu en octobre 2015 pour un second mandat et enfin en octobre dernier pour un troisième. Il renouvelle son bail à la magistrature suprême et entend impulser le développement de son pays, mais aussi l’intégration africaine.


Bréhima Doumbia
Envoyé Spécial à Conakry

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Bréhima Doumbia

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