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Les paroles du président de la République prononcées en public ou dans le secret de son cabinet sont des instructions. Elles sèment l’espoir dans tous les cœurs et suscitent la volonté de réussir une action utile aux prochains. Les chefs de village et leurs conseillers, les époux et les épouses, les jeunes arrivés à maturité sont les cibles. Ils prennent conscience dans quelle mesure leurs préoccupations sont prises en compte par les décideurs au plus haut sommet de l’état.
Le président Bah N’Daw est au diapason des attentes de son peuple, depuis la cérémonie solennelle de prestation de serment. Cet homme a toujours dignement servi son pays. Il n’est jamais tombé dans la tentation d’assouvir des turpitudes et des fantasmes. Il a compris que tous les actes et les paroles du «premier gardien» de la Constitution sont sacrés. Il ne peut plus faire tout ce qu’il veut en public ou en privé. La fermeté morale est désormais son levain.

Ne doit-il pas rendre public un tableau de bord construit, répertoriant les objectifs qu’il veut atteindre au cours des dix-huit mois de la Transition ? Les populations n’ont-elles pas hâte de prendre connaissance de ce tableau ? Nous souhaitons ardemment le découvrir sous la forme d’un programme de gouvernement. N’est-ce pas que les successives «Déclarations de politique générale du gouvernement» (DGP) depuis près de trois décennies n’ont pas été productives à souhait ? La preuve ? Quatre coups d’état, ça suffit.

N’y a-t-il pas déficit de justice, d’équité, de solidarité dans ce pays ? Le constat de Bah N’Daw est accablant à ce sujet : «Il est hors de question de faiblir. Les richesses nationales doivent aller au peuple malien d’abord… Le bien-être des citoyens doit d’abord être assuré par la richesse nationale et cela engage au premier chef la responsabilité des gouvernants. Ma promesse du 25 septembre est plus que jamais valable : l’argent de la corruption sera rendu au peuple. Les délinquants financiers seront traqués et seront jugés, quels qu’ils soient, je dis bien quels qu’ils soient».

Le président de la Transition pourrait prendre conseil auprès de Michel Camdessus, ancien directeur général du Fonds monétaire International (FMI). Dans une interview, un journaliste lui avait demandé pourquoi la corruption gangrène les pays pauvres sous le regard indifférent du FMI ? L’éminent expert de l’économie mondiale donna en substance cette réponse. «Ne vous en faites pas. Nous pouvons tracer chaque franc que nous avons investi dans vos pays».
Chacun suffit à sa raison n’est-ce pas ? La justice, clé de voûte de la refondation du Mali, jouera pleinement son rôle. Comme par le passé, le leadership politique de ce pays, découlant des futures élections, aura-t-il encore droit à l’impunité ? Je suis convaincu que ce peuple ne votera plus pour des projets de société, qui se révèleront à l’épreuve de la réalisation, comme de diaboliques miroirs aux alouettes.

Sékou Oumar DOUMBIA

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Sékou Oumar Doumbia

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