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L’indexation de l’aide à la presse sur les recettes du Budget national, à l’instar de celle des partis politiques, la mise en place d’une fiscalité spéciale pour les médias conformément à l’Accord de Florence ratifié par le Mali, la restauration de la Maison de la presse et la relance du Festival Ondes de liberté : voilà les quatre sujets qui étaient au centre de la rencontre hier entre le Premier ministre, Moctar Ouane et le nouveau Comité de pilotage de la Maison de la presse. La rencontre s’est déroulée dans la salle de conférence de la Primature, en présence du ministre de la Communication et de l’Économie numérique, Dr Hamadoun Touré.

D’entrée de jeu, le chef du gouvernement s’est réjoui de recevoir la nouvelle équipe dirigeante de la presse nationale, expliquant que les autorités attendent beaucoup des médias «dans la pacification et la stabilisation du pays». «Le rôle de la presse est très important, pas seulement pour le gouvernement, mais dans la vie même de la nation. Comme la classe politique, la presse est un maillon essentiel de la vie du pays», a souligné Moctar Ouane, avant de renchérir : «Si mon cabinet s’est mobilisé pour vous recevoir ce matin (hier, ndlr), c’est parce que nous accordons une grande importance à cette rencontre et à la bonne collaboration avec la presse nationale. La presse a un effet d’entraînement très fort, nous en avons vraiment besoin en ce moment et nous allons tout faire pour que l’accompagnement des autorités soit à la hauteur de vos attentes. La presse est la vitrine du pays, je réaffirme avec force la volonté du gouvernement à répondre à vos préoccupations».

Évoquant l’aide à la presse qui est suspendue depuis 2018, le Premier ministre a promis de se faire le porte-parole de la Maison de la presse auprès des autorités de la Transition pour régulariser cette situation. À l’instar du chef du gouvernement, le premier responsable de la presse nationale a salué la tenue de la rencontre, notamment la promptitude avec laquelle le Premier ministre a répondu à la demande d’audience du Comité de pilotage. «Cette rencontre est d’autant plus importante que le nouveau bureau de la Maison de la presse place son mandat sous le signe de la refondation de la presse nationale», a rappelé Bandiougou Danté, avant de parler de l’état des médias au Mali.

«Jusqu’en 2012, notre pays était considéré comme l’un des exemples du continent, en termes de liberté d’expression, de presse et de pluralisme démocratique. Ce statut, le Mali le doit, entre autres, à la multiplication et à la diversité de son paysage médiatique.
À la date d’aujourd’hui, notre pays compte plus de 450 radios, près de 200 publications et une soixantaine de médias en ligne. Paradoxalement, au moment où l’on enregistrait des avancées notables, en termes d’élargissement des espaces de liberté, de consolidation de la démocratie et de pluralisme, des dérapages et des violations graves du droit, des libertés, de l’éthique et de la déontologie consécutifs à la situation des crises sécuritaire, politique, sociale et sanitaire ont été observés», a martelé Bandiougou Danté.

Pour le président de la Maison de la presse, on constate également un recul au niveau du cadre législatif qui se révèle aujourd’hui «incomplet et ne répond pas aux changements et bouleversements qu’a connus le Mali et aux mutations technologiques».
Réponse du Premier ministre Moctar Ouane : «toutes vos préoccupations seront prises en compte. Avec cette rencontre, votre ministre ici présent (Dr Hamadoun Touré, ndlr) avait déjà informé le gouvernement de toute la situation».
À la fin de la rencontre, le président de la Maison de la presse a remis un mémorandum au Premier ministre et au ministre en charge de la Communication.

Souleymane B. TOUNKARA

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Souleymane Bobo Tounkara

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