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Le comité syndical dénonce le licenciement de 90 travailleurs de la société

La direction générale de la Société des mines d’or de Syama (SOMISY) dans la Région de Sikasso a décidé de dégraisser son effectif et de licencier 90 travailleurs maliens à partir du 14 décembre prochain en raison des difficultés économiques liées à la Covid-19. Le comité syndical de l’entreprise qui est vent debout contre la décision a animé une conférence de presse, hier, à la Bourse du travail pour exprimer son inquiétude face à ce qu’il juge d’«abusive».


La conférence était animée par le secrétaire général du comité syndical de la SOMISY, N’Fa Doumbia. Dans une déclaration préliminaire, le conférencier a fait la genèse de la situation et a rappelé les péripéties intervenues dans les négociations avec l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) sur la question. Et de rappeler que les années 2015 à 2017 ont été très agitées avec des débrayages des travailleurs pour réclamer de meilleures conditions de vie. Ils revendiquaient le rétablissement de l’Assurance maladie de 80 à 100%, l’instauration de la prime de rendement, la formation professionnelle, la mise en place d’un plan social pour les travailleurs licenciés pour des motifs économiques au niveau du bureau de Bamako. Une entente était intervenue entre la direction et les travailleurs.

Les deux parties étaient aussi tombées d’accord sur l’arrêt de la vente parallèle des avaries par la direction, l’augmentation des salaires, de certaines primes de risque et de logement et l’octroi des fûts de 1.000 et de 200 litres aux travailleurs.
Nonobstant ces accords de principe, l’administration de la SOMISY a maintenu son plan de licenciement «abusif». C’est ainsi que le comité syndical de la Société avait déposé un préavis de grève de 5 jours le 18 novembre 2020 demandant la suppression de la décision de licenciement.


Le comité syndical observe donc une grève de 5 jours, depuis le 7 décembre dernier pour dénoncer cette «méchanceté» de l’administration de l’entreprise, a expliqué le conférencier. Il rappelle que les travailleurs exigent le retour effectif et progressif des employés nationaux sur le site, le respect de la liberté syndicale, le droit de grève, l’implication, la prise en compte de l’avis du syndicat dans toutes les décisions concernant les travailleurs.

Mais avec la menace de débrayage, la direction générale de la SOMISY n’a pas bougé d’un iota dans sa décision de dégraisser le personnel. Des notifications de licenciement ont été transmises parfois dans des conditions pathétiques comme le cas de Mamadou Sanogo, un agent malade qui a reçu sa notification de licenciement sur son lit d’hôpital, avant de décéder quelques jours après, a déploré N’Fa Doumbia. Les employés sont décidés à poursuivre leur action par des méthodes et procédures légales. Toute résistance ou opposition à cette action ne fera que renforcer notre détermination, a-t-il prévenu. Il a aussi souligné qu’ils sont ouverts au dialogue social pour la satisfaction de leurs revendications. Le secrétaire général du comité syndical a aussi lancé un appel aux autorités de la Transition, notamment le président Bah N’Daw, afin qu’il s’implique auprès de l’entreprise afin qu’elle surseoit à cette décision.


Rappelons que la SOMISY qui existe depuis 1990 emploie près de 2.000 travailleurs, dont près de 650 Maliens.
Au cours du premier semestre de l’année, l’entreprise a pu générer 36 millions de dollars, soit environ 18 milliards de Fcfa de bénéfices. Selon N’Fa Doumbia, le syndicat de la SOMISY, dans sa lutte pour de meilleures conditions de vie des travailleurs, a pu obtenir une augmentation entre 200 à 400.000 Fcfa sur les salaires

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Sidi Yaya Wagué

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