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Plusieurs responsables d’organes de presse ont répondu à l’invitation du chef du gouvernement

Autour d’un déjeuner, le Premier ministre a souligné le rôle éminent des journalistes dans le jeu démocratique. À ce titre, a-t-il ajouté, leur travail est indispensable à la réussite de la période transitoire. Moctar Ouane a aussi saisi l’occasion pour dévoiler les grandes lignes de sa mission

En conviant les hommes de médias à la Primature pour un déjeuner, le chef du gouvernement, Moctar Ouane, a surtout voulu signifier l’intérêt qu’accordent les autorités de la Transition à la presse, dont le rôle sera prépondérant dans la réussite de cette période transitoire. Et partant, leur donner des informations de première main sur la démarche du gouvernement qui mène actuellement de front la lutte contre la Covid-19 et la gestion du front social. Mais, le quatrième pouvoir, qui était représenté dans toute sa diversité, a souhaité en savoir davantage sur des sujets comme la mise en place du Conseil national de la Transition, les raisons de l’annulation de l’adresse du président de la Transition à la Nation en début de semaine ou encore la forte présence des militaires au sein de l’appareil d’État.

Durant cette Transition, le Premier ministre ambitionne d’instaurer un cadre de dialogue et de collaboration régulier avec les médias. Ce déjeuner pourrait donc marquer un nouveau départ dans les rapports, souvent tendus, entre le monde de la presse et l’exécutif. L’un comme l’autre doit faire des efforts pour maintenir cet élan et ainsi réussir cette période transitoire censée poser les jalons du Mali nouveau. Des hommes de presse, ces faiseurs d’opinions, il est surtout attendu plus de professionnalisme dans le traitement de l’information. D’où l’impératif d’agir contre les fake news ou fausses informations qui, selon Moctar Ouane, «menacent toutes les démocraties du monde et minent les rapports entre les gouvernants et les gouvernés». Il a estimé que les Maliens ont besoin du savoir-faire et du professionnalisme des journalistes pour ne pas succomber aux sirènes de la simplification, dans laquelle certains veulent nous entraîner.

Rappelant les objectifs assignés à son gouvernement, Moctar Ouane a mis l’accent sur la refondation des politiques publiques et les reformes à concrétiser. Il s’agit, en somme, de prendre des mesures promptes et conséquentes pour des réponses durables aux attentes, en privilégiant le dialogue et la concertation. La stratégie qui sera déployée à cet effet est détaillée dans un Programme d’actions gouvernemental (PAG), peaufiné sur la base des contributions faites par tous les départements. Ce programme, construit autour de six axes et 23 objectifs fixés dans la feuille de route, sera soumis au Conseil national de la Transition.

SÉCURITÉ ET GOUVERNANCE- En attendant, Moctar Ouane a dévoilé les grandes lignes de son action à la tête du gouvernement. En effet, les axes et les objectifs ont été déclinés en 275 actions et 291 indicateurs. Les axes 1 et 2, consacrés respectivement au renforcement de la sécurité et de la gouvernance, représentent près de ¾ des actions. «Ce qui démontre l’importance qu’accordent les autorités de la Transition à ces deux piliers qui sont les préalables à l’avènement d’un Mali pacifié », a souligné le Premier ministre qui a assuré que le PAG fera l’objet d’un suivi régulier et d’une évaluation semestrielle prévue pendant la première quinzaine qui suit le semestre écoulé. Toutes choses qui permettront de faciliter la prise en charge des priorités du moment et de renforcer le mécanisme de suivi-évaluation.

L’élaboration de ce programme est pour le chef du gouvernement, la preuve que son équipe est à pied d’œuvre pour donner du sens à cette Transition. Et de marteler, telle une réponse à ses pourfendeurs, que le « temps de la réflexion, de la concertation et de la recherche du consensus, n’est pas du temps perdu».

Ensuite, le Premier ministre s’est appesanti sur deux préoccupations majeures de l’heure. D’abord la question du front social, sur laquelle le gouvernement a initié des négociations avec les acteurs sociaux pour trouver un terrain d’entente. L’enjeu pour le gouvernement est « d’éviter de bloquer la marche de tout le pays», selon Moctar Ouane qui a rassuré que les autorités ne se déroberaient point à leurs responsabilités. Certes, elles ne pourront pas tout faire, mais s’emploieront à faire tout ce qui est possible et soutenable pour un pays comme le nôtre, écartelé entre une crise sanitaire, sécuritaire et humanitaire. Déjà, le gouvernement travaille à l’organisation d’une conférence sociale qui se tiendra au premier trimestre 2021.

Et sur la deuxième question relative à la propagation de la Covid-19, Moctar Ouane a indiqué que la menace est prise au sérieux par le gouvernement. Raison pour laquelle, un Conseil supérieur de la défense s’est tenu pour réajuster la riposte. Les mesures prises ont trait au renforcement de l’application des gestes barrières et l’intensification de la sensibilisation.
Concernant l’annulation de l’adresse du président mardi dernier, le Premier ministre a expliqué que cette option avait été envisagée suite au report du Conseil supérieur de la défense. Dès que les conditions ont permis la tenue de cette réunion, il a été décidé de surseoir au discours présidentiel au profit d’un conseil de défense élargi à tous les membres du gouvernement.

Pour la rencontre d’hier avec la presse, le chef du gouvernement s’était fait entourer par les ministres en charge de la Communication et de l’Économie numérique, Dr Hamadoun Touré, de la Fonction publique, Me Harouna Mamadou Toureh, de la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, de la Santé et du Développement social, Dr Fanta Siby.

Issa Dembélé

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Issa Dembelé

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