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Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU dans notre pays a expliqué, mercredi, devant le Conseil de sécurité que le processus entamé en septembre doit permettre d’adopter les réformes nécessaires pour la consolidation de la démocratie et la réussite des élections pour un retour à l’ordre constitutionnel. Mahamat Saleh Annadif a déploré un manque de consensus dans la mise en place des organes
Dans quelques jours, la transition entamée le 25 septembre 2020 avec l’investiture du président et du vice-président, va boucler ses quatre mois. À 14 mois de la fin de cette période, le chef de la Minusma trouve que le pays reste en proie aux divisions. Pour Mahamat Saleh Annadif, le CNT qui joue le rôle d’un Parlement a été tardivement mis en place début décembre. Selon lui, la formation de cet organe n’a pas réuni le consensus nécessaire entre les acteurs politiques y compris les représentants de la société civile.

«C’est ce manque de consensus dans la mise en place des institutions de la transition qui alimente la détérioration de la situation socio-économique caractérisée par une multitude de grèves dans les différents secteurs d’activités», a-t-il déclaré. Avant de déplorer les récentes arrestations impliquant diverses personnalités. Des arrestations qui, selon lui, « sont de nature à occulter la recherche de la vérité si elles ne sont pas menées dans le strict respect de l’État de droit». Le chef de la Minusma demeure convaincu que la période de transition représente une vraie opportunité pour le Mali de briser le cercle vicieux des crises politiques suivies de coups d’État. Il a rappelé que la Charte de la transition, conclue en septembre, fixe à 18 mois la durée de cette dernière qui doit aboutir à des élections crédibles. Et le CNT a pour mission d’approuver les réformes politiques, institutionnelles, électorales et administratives nécessaires pour la consolidation de la démocratie et la réussite des élections pour un retour à l’ordre constitutionnel, comme le prévoit la Charte.
À 14 mois de la fin de la transition, Mahamat Saleh Annadif pense qu’il n’est pas trop tard pour «atteindre un minimum de consensus sur les fondamentaux de la paix et de la stabilité, parce que l’avenir du Mali est en jeu ». Selon lui, malgré des succès importants remportés par les forces internationales contre les terroristes, l’environnement sécuritaire reste toujours préoccupant et imprévisible dans notre pays et dans la région du Sahel, avec des attaques récurrentes dans la zone des trois frontières. Le 2 janvier dernier, a-t-il fait remarquer, plus d’une centaine de personnes ont été tuées dans l’ouest du Niger.

Face à ces défis, dira-t-il, la Mission onusienne a donc renforcé ses capacités pour mieux répondre aux violences intercommunautaires dans le centre du Mali en appuyant la stratégie de stabilisation du gouvernement. Elle a donc obtenu des résultats significatifs avec la multiplication de bases temporaires et l’intensification des patrouilles pour protéger les civils. Si l’année 2020 a été « celle de tous les risques », Mahamat Saleh Annadif veut croire que 2021 sera placée par les Maliens sous le signe de l’optimisme. « Malgré le manque de consensus tout le long des tractations sur la désignation des membres aussi bien du gouvernement que du Conseil national de transition, il y a lieu de se réjouir qu’aujourd’hui, tous les organes de la transition sont opérationnels », a indiqué le chef de la Minusma. Parlant de l’Accord pour la paix et la réconciliation, il a souligné que les parties signataires ont adopté le 18 décembre dernier, une nouvelle feuille de route révisée des actions prioritaires en vue de diligenter sa mise en œuvre. «L’état d’esprit et le volontarisme qui ont guidé l’élaboration de ce document poussent aussi à un optimisme, même si cet optimisme doit être prudent», a nuancé le chef de la Minusma, ajoutant que le gouvernement de transition a plus d’une fois signalé l’importance qu’il accorde à la tenue des élections dont le travail de préparation est déjà lancé.
Mahamat Saleh Annadif a rappelé que la réussite de la transition est conditionnée par l’aboutissement des réformes politiques, institutionnelles, électorales et administratives avec pour finalité des élections inclusives, crédibles et dont les résultats seront acceptés par la majorité des Maliens. Pour lui, quel que soit l’accompagnement et le soutien de la communauté internationale au processus de transition, ce dernier n’est viable que s’il est le produit de la volonté des acteurs politiques maliens. Et en tant que chef de la Minusma depuis près de 5 ans, il espère que cette fenêtre d’opportunité ne soit pas encore une occasion ratée.


Dieudonné DIAMA

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Dieudonné Diama

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