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Les trois parties en séance de travail

Après plusieurs semaines de négociations, l’exécutif, le patronat et la centrale syndicale sont parvenus à une entente qui satisfait toutes les parties

Après la grève de 72 heures du 18 au 20 novembre 2020 et celle de cinq jours du 14 au 18 décembre 2020, les négociations ont été menées par une commission de conciliation mise en place à cet effet. Les parties étaient parvenues à des accords contenus dans un procès-verbal de conciliation que l’UNTM n’avait pas souhaité signer sans la prise en compte de certaines observations. Lesquelles ont été prises en compte et validées en plénière le vendredi dernier avant la signature du document au ministère du Travail et de la Fonction publique.

Devant toutes les parties, la dernière mouture du document a été lue avant d’être paraphée page par page et signée côté gouvernement par le ministre du Travail et de la Fonction publique, Porte-parole du gouvernement, Me Harouna Mamadou Toureh, par Mahamadou Diakité au compte du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), par Abdrahamane Hinfa Touré du côté de l’UNTM et par Hamed Sidibé de la commission de conciliation.

Dans cet accord, les parties se sont entendues sur les neuf points de revendication. Le premier porte sur l’éradication des disparités dans les conditions des travailleurs par l’établissement de la justice sociale. À ce niveau, il est prévu l’octroi de primes spécifiques et indemnités selon la profession, l’emploi et les catégories de la fonction publique, en évitant les écarts que rien ne justifie, le respect de l’égalité des chances, de la non-discrimination entre les fonctionnaires par l’établissement de grilles indiciaires catégorielles par catégorie de la fonction publique, l’alignement à l’indice plafond 1382 des grilles indiciaires, dont le plafond n’atteint pas ledit indice pour compter du 1er janvier 2021.

Autre point d’accord : l’octroi du bénéfice de la prolongation des âges de départ à la retraite selon les catégories A, B2, B1 et C. Sur ce point, les parties se sont accordées à mettre en place une commission pour débattre de la situation des contractuels de l’État dans les services publics, dans les ambassades du Mali en particulier celle de Washington. Mais aussi celle des conventionnaires de l’État dès 2020 au besoin par la révision de leurs contrats intégrant cette disposition d’âge de la retraite.

Concernant l’accord sur le recrutement de 8.600 jeunes diplômés dans les fonctions publiques par an pendant cinq ans, le gouvernement s’est engagé à recruter 23.728 jeunes conformément à la prévision budgétaire 2021, à porter à la connaissance de l’UNTM, le nombre de jeunes diplômés à recruter pour le compte de l’Armée en 2021, à informer la centrale syndicale de la situation des recrutements des années 2019 et 2020.

Par ailleurs, le gouvernement et l’UNTM conviennent de la mise en place d’une commission pour examiner la faisabilité de l’organisation par le seul ministère de la Fonction publique de tous les concours d’entrée dans les fonctions publiques de l’État y compris pour les corps relevant de l’ENA et des collectivités territoriales.
Un autre point d’accord porte sur la normalisation de la carrière administrative des recrutés divers de l’enseignement, des catégories D-E de la fonction publique de l’État dont les perspectives d’avenir passent par la relecture corrective du décret n°051/P-RM du 10 février 2011 ainsi que l’intégration des contractuels payés sur fonds propres des hôpitaux. Ici, le gouvernement s’est engagé, entre autres, au reclassement dans les fonctions publiques en fonction des diplômes détenus par tous les jeunes anormalement utilisés dans les fonctions de conception et de direction dès le mois de janvier 2021, à l’intégration dans les fonctions publiques pour raison nationale de tous les enseignants des écoles communautaires au plus tard à l’ouverture prochaine des classes.

Accord a aussi été trouvé sur les relations professionnelles. Sur ce point, il est prévu la transposition dans le secteur privé des augmentations de salaires obtenues en 2014 et 2019, la garantie par l’État de la tenue des négociations sur les conventions collectives les plus obsolètes dont celles relevant du commerce et celles qui demandent d’être révisées, la mise en place de passerelles entre les deux fonctions publiques. Concernant l’accord sur le plan politico-économique, social et juridique, les parties se sont accordées sur la relance du chemin de fer, de la Poste, l’évaluation des privatisations, des contrats et du code minier, la prise en charge sociale et économique des travailleurs victimes des conséquences de la Covid-19.

Des accords ont également été trouvés sur les dossiers des compressés, des partants volontaires à la retraite, la libération des domaines fonciers de l’ORTM et de l’IER illégalement occupés.
Après la signature de l’accord, le secrétaire général de l’UNTM a exprimé sa satisfaction de voir la négociation aboutir. Yacouba Katilé reconnaît que quelques divergences d’interprétations ont opposé la centrale syndicale et le gouvernement, mais la volonté de les surmonter a prévalu. «Sur les neuf points, il y avait une trentaine de sous-points. Dans l’ensemble, c’est la satisfaction», a-t-il déclaré.
«Nous venons donc de conclure un accord», s’est réjoui le ministre du Travail et de la Fonction publique. Me Harouna Toureh a estimé que le plus important reste la mise en œuvre pour laquelle une commission de travail a été créée.


Dieudonné DIAMA

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Dieudonné Diama

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