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Le secrétaire général de la centrale syndicale Yacouba Katilé (c) lors d’une conférence de presse

Il y a deux semaines, le ministre du Travail et de la Fonction publique, Porte-parole du gouvernement, Me Harouna Mamadou Toureh, annonçait à la presse que les négociations avec l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) étaient sur le point d’aboutir à un accord sur l’essentiel des revendications de la centrale syndicale. Trois jours plus tard, les deux parties devaient se retrouver pour signer le procès-verbal de réconciliation. Malgré les tractations, ce n’est pas encore chose faite.

Mardi dernier, l’UNTM a rompu le silence à travers une lettre circulaire dont nous avons obtenu une copie. Dans cette lettre signée du secrétaire général, Yacouba Katilé, la plus grande centrale syndicale du pays fait l’analyse de la situation avant de conclure en ces termes : «un nouveau préavis de grève dure n’est pas à exclure».

Dans la lettre circulaire, l’UNTM revient sur les péripéties ayant précédé la sortie médiatique du Porte-parole du gouvernement. Du 21 décembre 2020 au 21 janvier 2021, explique le secrétaire général, des rencontres ont eu lieu, tantôt avec le ministre du Travail et de la Fonction publique seul, tantôt en présence de certains de ses collègues, le ministre de l’Économie et des Finances en particulier. Les syndicalistes révèlent que les négociateurs sont parvenus à des accords qui ont été validés sous réserve que les observations de la «plénière de validation soient intégrées au texte final».

Selon eux, la partie gouvernementale, qui devrait assister à une rencontre avec le Premier ministre, semble-t-il, a procédé à la signature d’un procès-verbal dit de conciliation remis par le rapporteur gouvernemental. «Ceux de l’UNTM et du Patronat ont-ils participé à son ultime changement ?», questionne Yacouba Katilé dans sa lettre circulaire. Avant d’avancer : «Rien ne permet de l’attester, car des changements de formulation, de délais, et des absences de dates précises ont rendu le texte méconnaissable à des négociateurs».

En outre, le secrétaire général de l’UNTM en personne s’est rendu compte de certaines insuffisances, et a demandé de les corriger. Le leader syndicaliste n’a pas obtenu gain de cause malgré une rencontre avec le Premier ministre. «Ce sont ces changements inappropriés, ne garantissant pas aux travailleurs la mise en œuvre correcte des accords, qui ont finalement motivé le refus de signature de notre centrale», clarifient Yacouba Katilé et ses camarades. Aujourd’hui, le ministère du Travail et de la Fonction publique rencontre la presse pour donner sa version des faits.

Pour rappel, l’UNTM avait déjà observé une première grève de 72 heures du 18 au 20 novembre 2020, puis une deuxième de cinq jours allant du 14 au 18 décembre dernier. Ses revendications portent, entres autres, sur l’alignement des grilles indiciaires, des primes et indemnités, sur le recrutement des jeunes diplômés et sur la renationalisation des unités industrielles des années 60.

Massa SIDIBÉ

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Massa Sidibé

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