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D’un coût global d’environ 58 milliards de Fcfa, l’imposante infrastructure qui s’étend sur une longueur de 541,30 mètres, a été entièrement financée sur le budget national. Des constructions nouvelles et en hauteur poussent déjà un peu partout de part et d’autre de l’ouvrage. Tout autour prospèrent le petit commerce et d’autres activités génératrices de revenus

C’est dans cette ambiance festive empreinte d’émotion que le Premier ministre a ouvert à la circulation le deuxième pont de Kayes et ses voies d’accès. Moctar Ouane a, à cet effet, coupé le ruban symbolique, avant de rallier l’autre rive du fleuve Sénégal, à Diakalé où l’attendait une foule nombreuse venue témoigner son soutien et sa solidarité au gouvernement. Le cortège a traversé Kayes N’Di en empruntant les deux nouvelles voies d’accès bitumées (qui débouchent sur la sortie de Kayes en allant à Bamako) pour rejoindre le gouvernorat (Kayes Ba), en traversant l’ancien pont.

Ce détour réalisé en un temps presque record témoigne de tout l’intérêt de cette infrastructure en matière de désenclavement et de désengorgement du trafic sur le premier pont, et à l’intérieur de la ville et ses environs. Elle constitue à cet effet «un vecteur puissant de communication et de désenclavement», s’est félicité le Premier ministre, dans son allocution d’inauguration.
Cette fluidité et accessibilité devenues réalités sont nécessaires pour booster davantage les échanges avec le reste du pays et nos voisins. «Ce second pont est le prolongement de la route qui relie Kayes au reste du pays, ouvrant ainsi la ville aux échanges multiples, en renforçant son intégration économique, sociale et culturelle», a soutenu le chef du gouvernement. Ainsi, a ajouté Moctar Ouane, sa matérialisation réussie grâce à un effort financier considérable par le budget d’État consolidera l’insertion de la ville dans le marché national et confirmera «son statut de cordon ombilical entre le Mali et le Sénégal d’une part et le Mali et la Mauritanie d’autre part». Ce qui fait de sa réalisation, à en croire le chef du gouvernement, le témoignage de «notre volonté et détermination fermes de construire notre pays en comptant sur nous-mêmes».

Le chef du gouvernement lors de son accueil sur le site

ATOUT DU DÉVELOPPEMENT- Ce sentiment de fierté nationale et de patriotisme qui ne peut-être possible sans sacrifice, est nécessaire pour que chacun se sente concerner par l’ensemble national. «Une route partagée donne et renforce le sentiment d’appartenir à une même nation, fixé sur un même territoire, sous l’autorité d’un même pouvoir», insistera le Premier ministre Ouane, avant d’assurer que le gouvernement continuera de porter une attention particulière au développement du pays. Pour ce faire, des projets similaires en préparation verront bientôt le jour sur le territoire national, a-t-il annoncé. En la matière, a précisé le chef du gouvernement, «l’ambition de mon gouvernement, sous l’impulsion du président Bah N’Daw, est de transformer le handicap de l’enclavement en atout du développement».
Objectif réalisable comme en atteste la construction de cet ouvrage gigantesque. D’un coût global d’environ 58 milliards de Fcfa toutes taxes comprises, l’infrastructure a été entièrement financée sur le budget national. Sa réalisation se justifie par l’incapacité du pont actuel (le premier mis en service en 1999) qui a joué un rôle essentiel dans l’approvisionnement du pays en denrées de première nécessité durant la crise en Côte d’Ivoire, à assurer aujourd’hui la fluidité du trafic, a rappelé le ministre des Infrastructure et des Transports. Pour Makan Fily Dabo, 80% du trafic poids lourds soit 1.000 camions par jour transitent par ce pont. S’y ajoutent l’agrandissement de la ville et l’accroissement de la population, a précisé le ministre Dabo.

FLUIDITÉ DU TRAFIC- Conséquence : «À partir de 16 heures déjà, la circulation tournait au ralenti. Créant ainsi un trafic monstre sur l’ancien pont», confirme le Syndicat national des transporteurs du Mali/SNT, venu témoigner son soutien et sa solidarité aux autorités. Les gros porteurs et autres usagers n’auront plus besoin de passer par cet ancien ouvrage, gagnant ainsi quelques heures supplémentaires pour rallier le corridor Bamako-Dakar par le Nord, s’est réjoui le syndicat des transporteurs.

De quoi combler les attentes de la population toute entière. Car ce désengorgement et l’amélioration de la fluidité du trafic étaient une demande forte de la jeunesse de Kayes. Une jeunesse consciente qui avait, lors de sa marche dite citoyenne de juillet 2016, interpellé le président de la République d’alors à cet effet. Ibrahim Boubacar Kéïta avait, en réponse à cette expression populaire, promis sa réalisation, devenue aujourd’hui une réalité. La jeunesse de Kayes a, par la voix de son porte-parole Boubacar Niang, remercié l’ancien chef de l’État pour avoir honoré sa parole. Il a rappelé aussi que les Kayesiens voulaient entendre le train siffler à nouveau.

Ce rappel faisait écho au message affiché par une banderole du Syndicat national des transporteurs. «Le plan d’urgence du trafic ferroviaire de voyageurs et de marchandises entre Bamako et Kayes, gage de la reprise des activités ferroviaires du Mali. Les cheminots encouragent le gouvernement dans l’exécution rapide et diligente dudit plan».
Conscient du rôle moteur et vital du chemin de fer dans l’économie de la Région, le Premier ministre Moctar Ouane a instruit le ministre Makan Fily Dabo d’engager les démarches nécessaires pour lever les entraves à la relance du chemin de fer.

En attendant, les retombées du nouveau pont sont déjà perceptibles en matière d’urbanisation. Les voies d’accès ont embelli la ville, changé le visage de Kayes N’Di. Des constructions nouvelles et en hauteur poussent déjà un peu partout de part et d’autre de l’ouvrage. Tout autour prospèrent le petit commerce et d’autres activités génératrices de revenus.



Envoyés spéciaux
Cheick M. TRAORÉ
Habib KOUYATÉ

UN OUVRAGE INTÉGRÉ

Le joyau architecture, situé à Kamankolé, Commune de Hawa Dembaya, s’étend sur une longueur de 541,30 mètres. Sa largueur mesure 26 mètres. Les travaux ont été réalisés par les entreprises Somafrec et Covec, chargées respectivement des travaux de construction de l’ouvrage et de ses voies d’accès.
Fruit du génie des ingénieurs et techniciens de ces deux entreprises, ce pont mixte acier-béton repose sur une fondation de 68 pieux forés de 10 à 20 mètres de profondeur. Il dispose d’une chaussée de 2x7,00 mètres de large, des pistes cyclables larges de 2x2,00 mètres et des trottoirs de 2x1,50 mètre de large.

La réalisation de ce monument se justifie essentiellement par la nécessité de trouver une alternative durable à l’ancien pont de la ville. Qui, de par sa conception et son âge, ne répond plus aux sollicitations du trafic actuel qui fréquente le corridor Bamako-Dakar par le Nord. À cet effet, il permettra d’assurer la continuité du trafic sur le même corridor, de décongestionner le trafic à l’intérieur de la ville et de réduire le délai de parcours au niveau de la traversée de la ville. Il contribuera aussi à l’amélioration de la sécurité routière, au confort des usagers et du cadre de vie des populations.


Il est également attendu qu’il contribue à l’assainissement urbain de la ville de Kayes. À titre d’exemple, la construction de trois exutoires sur la voie n°3 pour diriger les eaux de pluies vers le fleuve Sénégal, une manière pour les initiateurs du projet de contribuer à l’assainissement du quartier de Kayes N’Di situé sur la rive droite du pont et à l’aménagement de la rivière Kamankolé sur 700 mètres qui a sauvé de nombreuses habitations contre l’érosion régressive. Aussi, la réalisation du pont a permis la construction des ouvrages de protection des berges sur les deux rives avec des matériaux locaux afin de lutter contre l’érosion régressive. L’éclairage public du pont qui embellit la ville de Kayes, permet d’assurer la sécurité des usagers de la route et des riverains.


C. M. T.

autho

Cheick Moctar Traoré

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