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Les participants ont travaillé dans une bonne ambiance traduisant leur volonté à poursuivre le processus de paix

Kayes est la deuxième capitale régionale, après Kidal en février dernier, à accueillir une réunion du Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger (CSA). Cette 42è session ordinaire, au-delà du symbole, aura permis aux participants de faire le point des actions menées depuis la dernière réunion, de se projeter sur les prochaines étapes et d’échanger sur des difficultés auxquelles les populations de la première région administrative sont confrontées.

Pour cette rencontre, toutes les parties prenantes à l’Accord ont effectué le voyage dans la Cité des rails : gouvernement, mouvements signataires (CMA, Plateforme, mouvements de l’inclusivité), ainsi que la médiation internationale et le Haut représentant du président de la Transition pour la mise en œuvre de l’Accord, Inhaye Ag Mohamed.

Côté gouvernement, on notait la présence du ministre de la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, du ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga et du ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les institutions, Mohamed Coulibaly.
Des responsables de la société civile de Kayes avaient également été conviés à cette session, un message fort à travers lequel les acteurs ont voulu montrer que la mise en oeuvre de l’Accord concerne tous les Maliens.

L’occasion a permis de plancher sur les réformes institutionnelles découlant de l’Accord, les conclusions de la réunion de niveau décisionnel du 9 février 2021, le parachèvement du DDR (Démobilisation-Désarmement-Réinsertion) accéléré et le lancement de nouvelles phases du DDR. En outre, l’ordre du jour prévoyait la question relative aux projets pilotes de développement éligibles au financement dans le cadre du Fonds de développement durable et celle ayant trait à la participation des femmes aux mécanismes de l’Accord.

Aux termes des travaux présidés par le président du CSA, Boualem Chebihi, les participants ont surtout noté la bonne ambiance et l’engagement commun des acteurs à accélérer l’application des différentes dispositions de l’Accord. Selon le colonel-major Ismaël Wagué, qui n’a pas souhaité s’étendre sur les détails, il a essentiellement été décidé de renforcer les mesures de confiance pour avancer vers la paix. Aussi, les membres du comité ont unanimement approuvé l’idée de “continuer à faire des CSA delocalisés”, a-t-il confié.

Le ministre de la Reconciliation nationale s’est surtout réjoui du fait que cette réunion a donné l’opportunité aux mouvements de comprendre que “Kayes aussi a des difficultés qui peuvent être prises dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord”, et aux Kayesiens l’occasion de partager leurs soucis concernant le processus de paix. Ils ont, en effet, demandé plus de communication sur le document pour permettre à tous les Maliens de s’en approprier.

DAVANTAGE D’APPUIS FINANCIERS- Plus que jamais, le colonel-major Ismaël Wagué est optimiste quant à la capacité des parties à surmonter les difficultés pour le bonheur des populations maliennes qui n’aspirent qu’à la stabilité et au développement. Face aux diplomates, il a encore plaidé pour davantage d’appuis financiers afin de faciliter la réalisation de projets structurants, sans lesquels les dividendes de l’Accord ne seront pas au rendez-vous.

“Le président de la Transition souhaite que la dynamique imprimée au processus se poursuive et se renforce”, a rapporté son Haut représentant pour la mise en œuvre de l’Accord. Inhaye Ag Mohamed, qui participait pour la première fois à une réunion du CSA, a saisi l’occasion pour préciser que sa structure vient en appui au gouvernement qui est le véritable chef d’orchestre du processus. Cependant, il a affiché sa volonté de “travailler avec tout le monde, en toute transparence et en toute neutralité”, avant d’appeler les parties signataires à toujours respecter leurs engagements.

Pour sa part, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies a espéré que cette réunion à Kayes soit un “message pour dire à tous les Maliens qu’ils doivent s’approprier l’Accord et chercher à accélérer sa mise en œuvre...”. Mahamat Saleh Annadif, dont le mandat arrive à terme, participait ainsi à sa dernière séance de travail au sein du CSA. Il a alors a souhaité ardemment que les acquis soient consolidés et que d’autres “jalons puissent être posés pour qu’on arrive à une mise en œuvre définitive de l’Accord qu’il considère comme un bon pas dans le sens de la stabilisation du Mali. Pour lui, le Mali, comme beaucoup d’autres pays du Sahel, a intérêt à faire encore des accords ou à trouver des arrangements, chaque fois que c’est nécessaire.

Cette réunion delocalisée est, de l’avis des représentants des mouvements signataires, un autre pas décisif vers une compréhension commune des enjeux de la crise que traverse notre pays. Et ils en ont retenu, comme le président du CSA, un engagement général à aller de l’avant et la bonne ambiance qui a prévalu pendant les débats.

Issa DEMBÉLÉ


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Issa Dembelé

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