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Les responsables de l’organisation sous régionale sont à pied d’œuvre pour lever les obstacles aux investissements et la création d’entreprises des états membres en améliorant l’environnement des affaires au sein de l’espace communautaire. Le climat des affaires est l’ensemble des dispositifs réglementaires, fiscaux, de facilitation… permettant à tout opérateur économique, quel que soit le secteur où il opère et nonobstant le niveau et l’origine des investissements qu’il réalise, de prendre des initiatives privées et de conduire des opérations de commerce et d’industrie, de tourisme, de bâtiments et de travaux publics, etc. dans le but d’en tirer un profit. Il se définit également comme l’ensemble des facteurs qui influencent la décision d’investir ou d’exploiter une affaire. Il s’agit là de l’ensemble des facteurs ayant un effet direct sur la vie des affaires de tous les jours.

à cet égard, du niveau d’amélioration du climat des affaires dans un pays dépend en grande partie l’appétit des investisseurs pour son économie et ses entreprises. Dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), l’environnement des affaires n’est pas tout à fait rose, selon le chef de la division de l’amélioration du climat des affaires de l’organisation. En cause, des pratiques administratives lourdes entraînant des délais relativement longs pour le traitement des dossiers et une fiscalité qui n’incite pas les entreprises à se formaliser, notamment au plan des procédures, argumente Comlan N. Yakpey. Autres entraves : la réglementation bancaire ne favorise pas l’octroi aux clients de prêts à des taux compétitifs, surtout aux petites et moyennes entreprises (PME). Sans oublier, selon lui, un dialogue pas toujours productif entre secteur public et privé.

Au Mali, le gouvernement a, dans le cadre du renouveau du service public, reçu pour missions de dynamiser le partenariat public-privé et de donner un souffle nouveau à l’activité économique en rendant le secteur privé plus compétitif. C’est ainsi que sous la supervision du Premier ministre, un Comité mixte de suivi des réformes du climat des affaires état/secteur privé a été créé par décret N°2015-0117/PM-RM du 25 février 2015 suite à la modification du décret 09-127 du 25 mars 2009. Il est chargé «d’impulser, de contrôler, de suivre et d’évaluer la mise en œuvre des réformes du climat des affaires au Mali». Pour ce faire, ce Comité dispose d’une Cellule technique des réformes du climat des affaires (CTRCA). Elle a pour missions d’assurer le secrétariat du Comité mixte, la coordination technique et le suivi-évaluation des réformes du climat des affaires au Mali.

Notre pays a ainsi initié des réformes courageuses pour booster les investissements. Ces initiatives entreprises ont permis au Mali d’améliorer son classement Doing Business (l’indice de la facilité de faire des affaires créé par la Banque mondiale en 2003) en se classant plusieurs fois à la tête de ce classement au niveau de l’Uemoa. Mais dans le classement des états de l’Union dans le rapport Doing Business 2020, le Mali est arrivé 5è, derrière le Niger (4è), le Sénégal (3è), la Côte d’Ivoire(2è) et le Togo (1er). Au niveau mondial, le Mali est 148è sur 190 pays classés.

Ces performances reposent sur des réformes réussies comme le développement de solutions informatiques pour l’informatisation. Il s’agit, entre autres, de celles relatives au Registre de commerce et du crédit mobilier (RCCM) en vue de simplifier et fiabiliser le traitement et l’accès aux informations d’enregistrement des entreprises, à la mise en place d’un Guichet unique électronique du commerce extérieur et des transports (Guecet) avec pour objectif de faciliter et fluidifier les procédures et formalités à l’importation et à l’exportation. S’y ajoute la mise en ligne à travers le site mali.tradeportal.org des procédures administratives de commerce de certains produits les plus consommés (hydrocarbures, lait, mangues, or, produits artisanaux, etc.)

à la nécessité de lever les lourdeurs administratives pour améliorer le climat des affaires au sein de l’Uemoa, s’ajoute l’importance de la mise en place d’une réglementation des affaires adaptée aux réalités des entreprises, d’un dispositif légal, réglementaire, organisationnel et institutionnel plus opérant, et d’un niveau d’équipement et d’infrastructure suffisant, insiste le chef de la division amélioration du climat des affaires.

à cet effet, le Conseil des ministres statutaire a adopté, le 27 septembre 2019 par décision N°05/2019/CM/Uemoa, l’Initiative régionale pour l’amélioration du climat des affaires (Irca). Le but étant de promouvoir l’entreprenariat, accroître la compétitivité des entreprises, stimuler les investissements privés. En matière de classement Doing Business, elle a comme objectifs d’améliorer le classement des états membres et porter le score de facilité de faire des affaires au moins à 65/100 et le classement des états membres de l’Union dans les 100 premières positions au niveau mondial. Il est également attendu, à travers cet instrument l’accroissement du nombre d’entreprises créées dans chaque état membre, du volume des investissements privés, de la compétitivité des entreprises et des recettes fiscales des états, et l’augmentation du volume des échanges entre les états membres.


A D S

autho

Aminata Dindi Sissoko

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