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Le Comité permanent inter-états de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (Cilss) a animé, mercredi dernier à son siège à Ouagadougou, un point de presse virtuel sur la situation alimentaire et nutritionnelle 2020-2021 et les prévisions saisonnières agro-hydro-climatiques pour les pays de la zone soudano-sahélienne pour la période 2021-2022 dans un contexte de pandémie de la Covid-19

De la déclaration faite à l’occasion par le secrétaire exécutif du Cilss, il ressort que la campagne agricole 2020-2021 s’est soldée par des productions céréalières estimées à 74,3 millions de tonnes. Elle est en hausse de 0,6% comparée à la campagne écoulée et de 9% par rapport à la moyenne des cinq dernières campagnes.

Sur le plan de l’approvisionnement des marchés et des prix, Dr Abdoulaye Mohamadou a qualifié de faible à moyen les niveaux d’approvisionnement des marchés agricoles, en comparaison à la campagne 2019-2020. Aussi, les prix des denrées alimentaires restent élevés sur l’ensemble des marchés de la région, a noté le secrétaire exécutif.

Concernant la situation pastorale, selon lui, la disponibilité en pâturages naturelles et en sous-produits agricoles est jugée satisfaisante dans la région. Le disponible en fourrage et en ressources en eau est acceptable dans l’ensemble. Seulement, l’accès aux ressources pastorales demeure toujours très limité dans le bassin du lac Tchad et la région du Liptako-gourma à cause de l’insécurité civile, déplore Dr Abdoulaye Mohamadou.

La situation nutritionnelle, elle, demeure inquiétante dans l’ensemble de la région, de l’avis de Dr Mohamadou. à titre d’exemple, en 2020, plus de 1,5 million d’enfants âgés de 6 à 59 mois ont été admis à la récupération nutritionnelle dans les pays sahéliens et plus de 160.000 dans les pays côtiers où les admissions sont en nette progression.

Àà cet égard, la région est confrontée pour la 2è année consécutive à une crise alimentaire et nutritionnelle sérieuses touchant près de 17 millions de personnes, qui ont actuellement besoin d’une assistance alimentaire immédiate, dont 9,2 millions de personnes au Nigeria, a plaidé le secrétaire exécutif. Avant de tirer la sonnette d’alarme : «Cette situation pourrait s’aggraver dans les prochains mois si des mesures appropriées d’assistance alimentaire et nutritionnelle ne sont pas prises à temps. Ce chiffre pourrait atteindre en période de soudure 2021, environ 27,1 millions, dont 12,8 millions de personnes au Nigeria, 2,9 millions au Burkina Faso, 2,3 millions au Niger, 1,8 million au Tchad, 1,8 million en Sierra Leone ; 1,3 million au Mali et près de 1 million au Liberia».

En terme de prévisions saisonnières agro-hydro-climatiques pour les zones sahéliennes et soudaniennes, le responsable du Cilss annonce une saison de pluies 2021 globalement humide avec des cumuls de pluies supérieurs ou équivalents à la moyenne sur la bande sahélienne allant du Centre Ouest du Mali au Tchad en passant par le Niger et le Burkina Faso.

Toutefois, nuance-t-il, des séquences sèches longues à moyennes sont attendues en début de saison sur l’Est et le Nord du Sahel. En outre, sur le Burkina Faso, la partie Ouest du Niger, le Sud du Mali, les parties Nord du Bénin, du Togo, du Ghana, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, des séquences sèches longues et courtes ont la même chance d’être observées.

Des écoulements supérieurs ou équivalents aux moyennes sont attendus dans les bassins du Niger, Sénégal, Gambie, Volta, Chari, Logone, Komadougou-Yodé, Bandama, Comoé, etc. Pour y faire face, le Cilss et ses partenaires conseillent une gestion anticipative des risques d’inondation, de sècheresse, d’attaques phytosanitaires et de maladies hydriques. Il préconise aussi une adaptation du calendrier cultural et pastoral en fonction du profil de la saison.

Anne-Marie KEÏTA

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Anne-Marie Keïta

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