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La viabilité de l’endettement et son impact sur le développement économique des Pays les moins avancés (PMA) semble de plus en plus improbable. L’Aide publique au développement (jugée inégalitaire et inéquitable) qui apparait aujourd’hui aux yeux des populations de ces zones-là comme un cercle vicieux qui cultive et entretient le développement du sous-développement, devrait être orientée vers des secteurs productifs créateurs de valeur ajoutée.

En effet, les liens entre le financement extérieur du développement et les priorités nationales de développement s’effritent. En 2017 par exemple, seulement 32% des initiatives des donateurs avaient des objectifs directement tirés des plans nationaux de développement, selon un rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), publié en novembre 2019. Aussi les secteurs sociaux absorbent 45% de l’aide totale. Les secteurs de l’infrastructure économique et de production reçoivent respectivement 14% et 8%.

Les allocations sociales sont certes une volonté noble visant à restaurer la dignité humaine en aidant les couches les plus vulnérables à relever leur niveau de vie, afin d’affronter d’autres défis avec espoir et enthousiasme. Comme cela été le cas aux états-Unis et à ailleurs face à la pandémie. Mais pour plus d’efficacité, dans nos pays, elles devraient provenir de ressources publiques créées et budgétisées à cet effet.

Pour espérer arriver à garantir un jour ce soutien social de façon pérenne, les nations les plus pauvres du monde devraient commencer à veiller à ce que les financements extérieurs soient dédiés aux priorités de leur développement national, insiste la Cnuced.

« Pour atteindre les Objectifs de développement durable et échapper à la dépendance à l’égard de l’aide, les PMA ont besoin d’un financement extérieur axé sur la transformation structurelle de leur économie », déclarait l’agence onusienne. Aussi, le rapport exhorte les PMA à renforcer la gestion de leur financement du développement, en établissant ou en renforçant par exemple les mécanismes de coordination de l’aide, comme l’a fait le Rwanda.

Cela afin d’éviter de faire des sommets tous les dix ans pour effacer la dette et dire que l’on va financer l’Afrique, plaide l’ex-ministre togolais de la Prospective et de l’Évaluation des politiques publiques. Kako Nubukpo invite pour ce faire à traiter le continent africain de manière plus équitable en matière de financement international du développement. En la matière, l’économiste dit ne pas comprendre le fait que la communauté internationale veut donner à l’Afrique (17% de la population mondiale) 33 (5%) des 650 milliards Fcfa de droits de tirage spéciaux qu’elle veut mobiliser.

Toutefois l’enjeu réel, selon lui, c’est comment mobiliser de manière endogène les financements pour que l’Afrique s’inscrive dans un schéma d’industrialisation ou de transformation structurelles de son économie. Afin de conjurer la dépendance à la dette.

Cheick M. TRAORÉ

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Cheick Moctar Traoré

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