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La pandémie de Covid-19, aggravée par une crise économique qui mine la croissance économique de l’Afrique, érode ses recettes fiscales et fait gonfler sa dette, a étalé au grand jour les faiblesses structurelles de nos économies. Cette situation inattendue aux conséquences dévastatrices, a fini par convaincre les plus sceptiques de la nécessité pour nos économies de se doter de moteur de croissance pour se reconstruire en mieux après cette crise sanitaire.

Le moyen jugé le plus sûr et le plus durable en la matière, semble être l’industrialisation et la diversification de nos économies. En effet, le pourcentage des emplois relevant de l’industrie en Afrique tourne autour de 10% depuis 30 ans, analyse la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest. La valeur ajoutée de l’industrie manufacturière dans le Pib du continent, est passée de 16% en 1970 à 11% en 2010.

Alors que la contribution des services aux emplois et à la richesse en Afrique est devenue plus importante, un peu moins de 60% d’Africains continuent à travailler dans l’agriculture, notamment vivrière. Il apparaît alors nécessaire de trouver des alternatives durables, résilientes, adaptées et adaptables pour espérer amorcer le décollage économique et préparer l’émergence. Pour ce faire, les anciennes voies d’industrialisation semblent peu appropriées au regard des défis qui nous assaillent et de la faible résilience, dont elles ont fait montre depuis le déclenchement de cette crise, estiment des experts.

Il existe aujourd’hui des possibilités de diversification par les services numériques. Les canaux numériques de prestation de services permettent aujourd’hui d’offrir des services au-delà des marchés locaux du travail. En 2018, les services numériques représentaient 2.900 milliards de dollars à l’échelle mondiale (Cnuced, 2019). Les plateformes numériques enregistrées comptent environ 70 millions de travailleurs dans le monde, sur un marché du travail qui, d’après les estimations de la Banque mondiale, devrait atteindre une valeur de 15 à 20 milliards de dollars en 2020.

Mais les travailleurs en ligne restent toutefois concentrés actuellement aux États-Unis, en Inde et aux Philippines. À l’exception de l’Afrique du Sud, de l’Égypte, du Ghana, du Kenya, du Maroc et du Nigeria, le nombre d’emplois offerts actuellement par les plateformes en ligne en Afrique est négligeable, déplore la CEA. Il est alors possible pour nos états de tirer leur épingle du jeu, surtout que le marché existe.

Elle propose aux décideurs africains, pour tirer parti de ces possibilités, de prendre les dispositions voulues pour que l’ère numérique repose sur des bases solides. Cela en investissant dans les infrastructures d’Internet, les infrastructures numériques et les intergiciels numériques - tels que les solutions de paiement et les moyens d’identification numérique. Il importe aussi d’améliorer les compétences numériques et les conditions de travail.

Cheick M. TRAORÉ

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Cheick Moctar Traoré

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