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Les mesures restrictives prises pour limiter la propagation de la Covid-19 avaient mis à rude épreuve familles et foyers dépendant des envois de fonds des migrants. Ceux-ci avaient été confinés dans les pays d’accueil, pendant que les moyens de transfert monétaires tournaient au ralenti dans les pays des migrants.

Conséquences : des milliers de familles avaient été privées de leur seul moyen de subsistance que constituent les remises de fonds de nos parents partis dans d’autres pays dans l’espoir d’une vie meilleure.

Ce stress financier que vivaient les familles et foyers soutenus par les migrants devrait être un lointain souvenir. Les envois de fonds des migrants vers les pays à revenu faible et intermédiaire (pays dits pauvres) devraient connaître une forte hausse de 7,3% pour s’élever à 589 milliards de dollars en 2021.

Les remises migratoires n’avaient baissé que de 1,7% 2020 en dépit de la grave récession mondiale provoquée par la pandémie de la Covid-19, selon la dernière note d’information de la Banque mondiale sur les migrations et le développement. Publiée le 17 novembre, elle précise que ce rebond est supérieur aux prévisions antérieures.

Les envois de fonds vers l’Afrique subsaharienne ont progressé de 6,2% pour atteindre 45 milliards de dollars. Cette forte progression des remises migratoires survient dans un contexte de reprise des activités de production.

Elle traduit, analysent les auteurs du document, la volonté des migrants à venir en aide à leur famille en cas de besoin. Elle est également encouragée par la reprise économique en Europe et aux États-Unis. Reprise elle-même stimulée par les programmes de relance budgétaire et de soutien à l’emploi.

Une conjonction de circonstances qui donnerait une bouffée d’oxygène à nos économies. Car, les transferts d’argent vers nos pays devraient, pour la deuxième année consécutive, excéder la somme des Investissements directs étrangers (IDE) et de l’Aide publique au développement (APD).

Le volume aurait été considérable si le coût de l’envoi de l’argent avait baissé. Le tarif pour l’envoi de 200 dollars entre pays reste élevé car représente en moyenne 6,4% des flux du premier trimestre 2021, selon la base de données de la Banque mondiale.

C’est en Afrique subsaharienne qu’il est le plus coûteux d’envoyer de l’argent (8%). Les tarifs les plus bas sont enregistrés en Asie du Sud soit (4,6%). Les données révèlent que les frais sont souvent plus élevés quand les fonds sont transférés par l’intermédiaire de banques, plutôt que via des canaux numériques ou des opérateurs offrant des services de transfert d’espèces.

En 2022, les envois de fonds devraient augmenter de 5,5 % grâce à la poursuite de la reprise économique en Europe et aux États-Unis.

Cheick M. TRAORÉ

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Cheick Moctar Traoré

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