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Le ministre de l’Industrie et du Commerce et les acteurs du secteur ont convenu de ramener la tonne du ciment local à 95.000 Fcfa et 100.000 Fcfa pour le ciment importé. C’était à l’issue d’une rencontre qui s’est déroulée hier

Les acteurs du secteur des BTP peuvent pousser un ouf de soulagement. Le prix du ciment qui s’était envolé ces derniers jours, a amorcé une courbe descendante. De 5.250 Fcfa, le prix du sac de 50 kg était vendu à 6.500 Fcfa soit une augmentation de 1.250 Fcfa.

« Depuis bientôt 4 mois, on assistait à une augmentation du prix du ciment sans savoir réellement pourquoi », confirme Yacouba Kanté, vendeur de ciment à Kabala. Auparavant, l’homme se souvient qu’il n’y a pas longtemps, le sac de ciment était vendu à 4.500 Fcfa. Le détaillant rejette la responsabilité de la hausse du prix sur les importateurs qui, selon lui, augmenteraient les prix sans explication.

Il va sans dire que le secteur de la construction était affecté par cette hausse. « Aujourd’hui, c’est tout le secteur de la construction qui se trouve affecté », confirme Ousmane Diarra, propriétaire d’un entrepôt de matériaux de construction. Selon lui, une nouvelle augmentation du prix du ciment n’est pas à écarter pour la simple raison que la demande est actuellement plus forte que l’offre.

L’entrepreneur BTP, Moussa Coulibaly, donne des éclairages sur la situation du marché. « Le Mali est aujourd’hui en chantier et la grande partie du ciment consommée sur le marché local est importée du Sénégal ou de la Cote d’Ivoire ».

Sékouba Coulibaly est un grossiste de ciment. Les deux sociétés de production de ciment installées au Mali sont ses principaux fournisseurs (Ciments et Matériaux du Mali et Diamond Ciment). Il explique l’augmentation vertigineuse du prix en grande partie par la forte demande. Selon notre grossiste, les coupures d’électricité intempestives ont impacté la capacité de production des usines de ciment au Mali.

Concernant l’importation, Sékouba Coulibaly dira que le Sénégal et la Côte d’Ivoire font également face aux mêmes problèmes. «Il y a une baisse de production de ciment dans ces pays voisins. Ce qui a amené les autorités de ces pays à prioriser les besoins nationaux. Du coup, nos commerçants ne peuvent pas avoir la quantité qu’ils souhaitent importer», souligne-t-il. Tout le secteur de la construction était affecté par cette flambée des prix

La flambée du prix du ciment n’a pas manqué de susciter la réaction de l’Association des consommateurs du Mali (ASCOMA). « Le Mali a opté pour la liberté des prix et de concurrence. Cette situation permet aux opérateurs économiques de s’enrichir au détriment des consommateurs. Nous n’avons aucun moyen de faire pression, nous ne pouvons que dénoncer», a déploré Salimata Diarra, présidente de l’ASCOMA.
Face à cette hausse de prix qui affecte sérieusement le secteur des BTP, voire l’économie nationale, les pouvoirs publics ne pouvaient pas rester les bras croisés.

C’est ainsi que le ministre de l’Industrie et du Commerce a rencontré hier les acteurs du secteur du ciment (importateurs, unités industrielles et distributeurs de ciment) afin de trouver des mécanismes de stabilisation du prix du ciment sur le marché. À l’issue des échanges, la réunion a décidé de ramener le prix indicatif plafond du ciment local à 87.000 Fcfa la tonne pour les commerçants et 95.000 Fcfa la tonne pour les consommateurs. Concernant le ciment importé, la réunion a convenu qu’à partir de ce vendredi, la tonne sera vendue aux consommateurs à 100.000 Fcfa.

«L’engagement a été pris par le ministre après les échanges avec les autorités sénégalaises pour assurer l’approvisionnement correct du pays et la couverture du gap. Si cela est fait, à partir de lundi, le ciment importé indicatif plafond aux consommateurs reviendra également à 95.000 Fcfa», assure Boukadary Doumbia, directeur général de la concurrence et du commerce qui a participé à la rencontre.

Oumar SANKARÉ

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Oumar Sankaré

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