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Pour une histoire de crédit non remboursé, il assassine froidement son « partenaire ». Il réfute la façon avec laquelle, il s’en est pris telle que présentée par la Cour. Et il a été condamné à la réclusion à perpétuité

La réclusion à perpétuité et une amende de 100 millions de Francs CFA : c'est le verdict prononcé par les juges à l'issue de l'audience qui a vu comparaître à la barre AS. Ce trentenaire est suspecté « d'assassinat et de corruption active ». Ce jeune commerçant a ôté la vie à KC pour une histoire d’argent. L’histoire s'est déroulée dans la Commune rurale de Safo (Kati).
En janvier 2019, aux environs de 15 heures un jour, K C quittait le Grand marché de Bamako, où il menait plusieurs activités commerciales. En quittant, il n’avait pas soufflé un mot à aucun de ses collaborateurs.

Vers 17 heures, il n’était pas encore revenu alors que c’était l’heure à laquelle ils font habituellement le compte des recettes journalières. Cette absence de KC a tiqué OK, un de ses frères et collègues. Ce dernier l’appela pour connaître sa position. Au bout du fil, il clarifie sa position tout en prenant soin de préciser qu’il était sorti avec une somme de 500.000 FCFA. Donc, son frère devrait tenir compte de ce montant au moment du compte final des recettes. Ainsi dit, ainsi fait.
Curieusement jusqu’à 22 heures encore, le jeune commerçant était absent du domicile. Et lorsque ses proches tentent de le joindre, son téléphone était sur répondeur.

La nuit avance, et le jeune homme ne donnait pas toujours signe de vie. Ainsi tous ses proches et amis qui en sont informés se sont mis à sa recherche. Ils se sont rendus au CHU Gabriel Touré dans l’éventualité d’un possible accident de la route. Mais rien. Ensuite, ils se sont rendus à la gendarmerie du Camp I de Bamako, aux commissariats de police des 1er et 2ème arrondissement du District de Bamako.

à un de ses proches qui avait pu le joindre, la veille il avait vaguement répondu qu’il se trouvait à Safo (Kati). Précision, le jeune homme était également connu pour faire des transactions foncières dans cette localité. Mais, à son interlocuteur, il avait clairement écarté tout lien avec une affaire du genre. à partir de là, ses proches ont tout mis en œuvre pour se rendre dans la localité suscitée. Mais avant, ils avaient pris le soins d’alerter toutes les autorités compétentes pouvant être impliquées dans une affaire relative à une quelconque disparation d’un individu. Car, se disaient-ils, « on ne sait jamais ».

Le procureur du tribunal de la Commune III chez qui les parents du jeune homme s’étaient rendus, a décidé de l’ouverture d’une enquête qu’il a confiée à la Brigade d’investigation judiciaire.
C’est ainsi que des enquêteurs ont pris le dossier en main. De file en aiguille, ils ont pu recueillir le maximum de renseignements en lien avec cette disparition inexplique du jeune commerçant. Ils ont même pu comprendre de façon vague, celui qui était susceptible d’être le suspect n°1 de cette affaire. Les enquêteurs ont approfondi les recherches et sont tombés sur AS. Ils avaient des indices concordants qui incriminaient fortement ce dernier. C’est pourquoi, ils l’ont interpellé puis l’ont conduit dans leurs locaux. Il a été placé en garde à vue avant d’être auditionné. Déjà, le suspect savait que les carottes étaient cuites pour lui. Sans tourner autour du pot, il est passé aux aveux simplifiant la tâche aux éléments de la BIJ. Le jeune homme a même collaboré en révélant aux enquêteurs l’endroit précis où se trouvait le corps de KC.

Durant les enquêtes, le suspect avait proposé aux enquêteurs de la BIJ la somme de 760.000 FCFA pour qu’ils abandonnent les recherches et ainsi étouffer l’affaire. Les enquêteurs ont refusé la proposition et ont, dès ce moment, centré leurs enquêtes sur lui.
à l’audience, c’est un jeune homme barbu, habillé tout de bleu vêtu qui se présenta à la barre. Face aux jurés, l’air hilare, l’inculpé a reconnu les faits. « En vérité, je l’ai tué », a-t-il laconiquement lancé à la face des juges.

Il ne lui restait plus qu’à s’expliquer. Et cette explication, l’inculpé l’a faite de façon détaillée, voire glaçante devant une Cour et un public éberlués. En somme, dans les explications de l’inculpé, il était facile de comprendre que lui et sa victime se sont connus à la suite d’une histoire d’achat et de vente. Et que les choses se sont envenimées à cause de l’argent, jusqu’à ce qu’un crime s’en suive. « Je l’ai tué tout seul », a-t-il dit comme pour lever toute équivoque sur le fait qu’il ne s’est pas fait aider par un complice.

Cependant les juges eux, avaient une autre façon de voir les choses. Ils sont partis du rapport d’autopsie pour pencher plus vers un crime rituel. Selon ce rapport, la victime a été retrouvée sans ses yeux et tout le corps complètement martyrisé. Coincé par les jurés, l’accusé a fini par admettre qu’il a agi sous le coup de la déception car, s’il faut le croire, le défunt lui devait une somme de 180. 000. 000 de FCFA.
Constitué partie civile, un des frères de la victime a rejeté en bloc tout ce que le suspect avait affirmé à la barre.

« Tout ce que l’accusé vient de dire est faux », a-t-il déclaré. Et d’ajouter que c’est l’inculpé qui devait de l’argent à la victime et non le contraire. à sa suite, un des avocats a abondé dans le même sens en affirmant que c’est l’inculpé qui devait de l’argent à la victime et non le contraire. Mais avant, tous les témoins qui s étaient succédé à la barre ont chargé l’inculpé. Les avocats de la partie civile ont finalement sollicité la Cour faire preuve de la plus grande fermeté.
Le ministère public semble resté sur sa faim. « Malgré qu'il ait reconnu avoir ôté la vie de KC, il n'a pas clairement dit comment cela s'est-il passé », a rappelé le défenseur des citoyens.
Le magistrat s’est référé au fait que des traces de pneus du véhicule de l‘inculpé avait été retrouvées à côté d’un puits dans lequel le corps de la victime était dissimulé.

Donc pour l’homme de droit, contrairement à ce que l’inculpé a laissé entendre, le corps de la victime a été transporté vers l’endroit où il a été retrouvé. D’où selon toujours lui, la possible participation de complices que l’accusé a toujours caché. Il a sollicité la Cour de le maintenir dans les liens de la culpabilité.
Comme il a compris que les dés étaient pipés, le conseil de l'accusé, s'est joint à son client pour demander pardon à la famille du défunt. « Nous plaidons coupable », a-t-il dit en sollicitant des circonstances atténuantes à cause du jeune âge de son client.
Aux termes des débats, l'accusé a été déclaré coupable des faits. Il a bénéficié de circonstances atténuantes. AS a été condamné à la réclusion à perpétuité et une amende de 100. 000.000 FCFA comme intérêts civils.

Yaya DIAKITÉ

autho

Yaya Diakité

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