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Le monde de la presse et de la communication a appris, hier matin, avec une grande affliction le décès de Cheick Oumar Maïga, plus connu sous le sobriquet de «Gilbert». Il a rendu l’âme à 64 ans. Cet ancien secrétaire général du ministère en charge de la Communication et président du Conseil d’administration de Sotelma-Malitel, était un journaliste chevronné.

Il fit ses premières armes en 1984 au Quotidien national (L’Essor). Il fait un break et s’engage dans la quête d’un doctorat en sciences de l’information et de la communication au Centre d’études littéraires et scientifiques appliquées (CELSA), affilié à l’Université de Paris IV Sorbonne (France) en 1986.

Cheick Oumar Maïga rentre au pays et reprend la plume dans les colonnes de L’Essor. C’est ainsi que le grand public le découvre lors de grands débats télévisés où les journalistes de la Radio télévision nationale (RTM) d’alors et ceux de L’Essor interrogeaient les membres du gouvernement.

Ce qui impressionnait les téléspectateurs, c’était la promptitude de réaction de Gilbert face à des ministres qui employaient la langue de bois. Il savait rebondir avec des questions pertinentes sur la mauvaise gouvernance et l’absence de démocratie à l’époque.

Orateur au verbe facile, celui qui dominait les thématiques politique, économique, sociale et culturelle, mettait très souvent en difficulté certains barons du régime en direct à la télévision nationale. C’est avec lui que le public a constaté que les journalistes de la presse publique osaient publiquement mettre le doigt sur la plaie béante de la mauvaise gouvernance.

Toute la carrière du journaliste a été marquée par l’esprit d’ouverture qui le caractérisait, sa détermination à briser les tabous, sa constance dans la recherche de la vérité et à aller au fond des sujets pour élucider les problèmes afin de trouver des solutions adéquats. Gilbert n’acceptait pas les choses telles qu’on les lui présentait. Il cherchait toujours à comprendre, donc à améliorer.

Le natif de Mopti, a d’abord obtenu son diplôme supérieur de journalisme au Centre d’études des sciences et techniques de l’information et de la communication (CESTI) de Université de Dakar au Sénégal en 1980, avant de s’envoler sur Paris pour poursuivre ses études, puis à Pittsburg (USA) et à Ouagadougou au Burkina Faso.

Cheick Oumar Maïga a été consultant pour l’élaboration de stratégies de communication de plusieurs organismes de développement et autres programmes des Nations unies et coordonnateur national du Projet : «Information, Éducation, Communication en matière de population (IEC/SR)» du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) à Bamako.

Il a aussi occupé des fonctions de diplomate parce qu’il fut représentant résident du Fonds des Nations unies pour l’alimentation (FAO) au Cameroun et en Guinée Équatoriale de 2003 à 2007. Celui qui a servi de modèle à de nombreux jeunes journalistes fut un des grands artisans de l’élaboration des textes qui régissent les médias au Mali.

Il fut, en 1991, 1996 et 2009 l’un des organisateurs et surtout président des trois premières Journées nationales de réflexion sur la communication au Mali.
Cheick Oumar Maïga a été décoré de la médaille de chevalier de l’Ordre national du Mali. Il laisse derrière lui, une veuve et trois orphelins inconsolables.
Dors en paix, Gilbert.

Youssouf DOUMBIA

autho

Youssouf Doumbia

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