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Ces archives constituent un vrai trésor pour le Musée national

C’est dans un esprit de découverte et de souvenir que le public a visité l’exposition photographique Intitulée : «Bamako des années 50-60 vue par Henri Pot», qu’abrite le Musée national du Mali, depuis le 29 juillet dernier et qui restera jusqu’au 30 août prochain. Cette exposition donne une idée du look de Bamako, il y a des décennies à travers des images qui restituent des scènes de chasse d’animaux, un aperçu des premiers timbres nationaux mais aussi de l’organisation des défilés des jeunes lors des événements politiques, socio-économiques et culturels dans la capitale.

L’exposition, composée de 55 photographies en format A4, de 10 timbres, autant de trophées de chasse et de 10 coupures de journaux, rappelle des vécus et souvenirs des Bamakois dans les années d’avant l’indépendance (50-60). Ces images expressives ont été réalisées par Henry Pot et offertes gracieusement au Musée national par la famille du photographe. Le vernissage de l’exposition, organisé par le Musée national et la Maison africaine de la photographie (Map), en collaboration avec la famille du donateur, s’est déroulé, jeudi dernier au Musée national.

La cérémonie était présidée par le chef de cabinet du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Yamoussa Fané, en présence du directeur général du Musée national, Dr Daouda Keita et de son collègue de la Maison africaine de la photo, Tidiane Sangaré, de l’ancien directeur du Mémorial Modibo Keita, Modibo Diallo et de nombreux férus d’art, y compris des diplomates.

Yamoussa Fanéa exprimé sa gratitude à la famille du photographe. «Le grand mérite d’Henri Pot a été d’avoir saisi la richesse culturelle de cet art et d’avoir agi en conséquence», a-t-il soutenu. Pour lui, le professionnel des images a été certainement sensible à la valeur artistique, éducative, historique et mémorielle de la photographie.

Il a aussi expliqué qu’en faisant don de ce fonds photographique, la famille de l’artiste, à l’initiative de son fils, participe ainsi à la sauvegarde d’un chef d’œuvre. Ces archives constituent un vrai trésor pour le Musée mais également une inspiration pour les jeunes artistes et une source iconographique pour les chercheurs. Nous rassurons les uns et les autres que ces pièces d’une valeur inestimable trouveront leur place dans les collections du Musée national.

Au regard de ces souvenirs des années 50-60, on peut affirmer sans risque de se tromper que Bamako a fait véritablement sa mue. Cependant, la photographie en tant qu’œuvre d’art a trouvé, depuis longtemps, sa place dans les musées parce que témoin des moments de la vie et souvenir des communautés. Modibo Diallo, qui apprécie bien l’initiative, relève que c’est le fruit d’une longue démarche. «ça n’a pas été facile avec les contraintes administratives», a indiqué l’ancien patron du Mémorial Modibo Keita.

Les Pot (la famille du photographe) sont des «pieds noirs», c’est-à-dire des Français nés en Algérie. Ils ont ensuite émigré vers le Soudan français à la fin des années 1940. Le père fut le premier à y poser sa valise, avant de faire venir son fils pour le petit commerce. Ils se focalisent sur le Café Chantilly qui allait devenir à partir des années 1950, un endroit emblématique de Bamako. Anciennement situé sur l’avenue de la Cathédrale en face du Trésor public, ce café attirait une importante clientèle de métropolitains. C’était un lieu des retrouvailles de civils, militaires et étrangers autour d’activités liées au petit commerce.

Dr Daouda Keita a soutenu que cette exposition est le fruit d’une collaboration entre la Maison africaine de la photo, l’Institut national des arts et la famille Pot. C’est un véritable travail d’historien et d’ethnographe, a laissé entendre le directeur de la Maison africaine de la photo, avant de saluer l’investissement de Modibo Diallo pour la restitution de ces photographies au Musée et souhaiter à tous de remonter le tempsavec cette exposition.

A. SOW

autho

Amadou Sow

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