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Le groupe de bandits faisait régner la terreur dans le milieu des conducteurs de mototaxis. La multiplication des plaintes et la recrudescence du phénomène ont fini par les faire perdre

Il y a quelques jours, les policiers du commissariat du 4ème arrondissement du District de Bamako ont mis hors d’état de nuire un jeune appelé AS. Il s’était spécialisé exclusivement dans le vol et le braquage à main armée. Sa cible était les propriétaires de mototaxis, ces engins à deux roues, qui sillonnent la ville de Bamako. Pour rapidement tiré profit de son infraction, il a noué une relation avec des recéleurs qui ont pignon sur rue dans les marchés noirs de la capitale. AS s’était étroitement lié à ces recéleurs parce que ces derniers n’avaient pas de difficultés à avoir des preneurs pour faire disparaître leurs butins.

Toujours soucieux de faire le maximum de victimes, donc de tirer le plus de profit des attaques qu’il menait à travers la ville, AS avait choisi des quartiers où il commettait ses atrocités aux détriments des potentiels motocyclistes victimes. Ainsi, le malfrat avait choisi de sévir dans les communes de la rive droite du District de Bamako, notamment Magnambougou, Faladié, Baco-Djicoroni, Badalabougou, etc.
Par la suite, cet homme, un trentenaire, a été identifié comme un délinquant notoire en plus du fait qu’il était un sans domicile fixe. Dans la pratique, s’il faut croire nos sources à la police, le jeune homme recule rarement devant ses potentielles victimes. Ce qui implique qu’il n’hésitait pas à faire usage de son arme à feu dès qu’il sentait qu’une de ses victimes voulait tenter de lui créer un obstacle.

Toujours dans le souci de se faire le maximum de victimes, donc de butins, AS avait élaboré une stratégie de vol simple, mais efficace dans la pratique. Lorsqu’il a été interpellé, visiblement sans crainte par les policiers, il est allé jusqu’à vanter ses exploits personnels lors de différentes opérations de braquage qu’il menait çà et là à travers la cité des trois Caïmans.

Pour mener à bien ses opérations, AS se déguisait en client ordinaire au bord des routes pour attendre l’arrivée d’un motocycliste. Une fois en face de lui, la discussion s’engage à propos du prix du déplacement et de l’endroit où le conducteur d’engin à deux roues doit le déposer. C’est sur ce dernier point qu’il insiste. Et pour cause, aux motocyclistes, il désigne les confins d’un quartier très éloigné, situé à la périphérie de la capitale.

Un endroit où il peut l’attaquer tranquillement, sans risquer de se faire prendre par un intrus, ou de se faire épingler par des policiers patrouilleurs. Puis, il le braquait avec son arme sans autre forme de transition. Le jeune homme semblait très intelligent dans ce qu’il faisait, car dans tous ses braquages, il est sorti victorieux à la suite de ces opérations cyniques. Comme il entretenait un lien étroit avec YD, MD et MS, ses receleurs, ceux-là se chargeaient de faire disparaître le butin dans la circulation. Puis, l’argent récolté est partagé et chacun empoche sa part. Dans les jours qui suivent, il prépare rapidement un autre plan de vol, une autre opération du même type, pour le même but.

Dans la pratique, c’était un quatuor qui faisait tout. Selon nos sources, chaque élément du groupe a un rôle qui lui est dévolu du début à la fin de l’opération. AS, lui était l’élément central du groupe, car c’était lui qui faisait l’essentiel sur le terrain. La stratégie était très bien huilée et le groupe de bandits s’en sortait toujours en se frottant les mains. AS et ses compères ont fait tellement de victimes que les motocyclistes étaient devenus méfiants vis-à-vis de certains clients, lorsque ces derniers avaient pour destination des endroits éloignés du centre ville.

Au même moment, les plaintes étaient quasi continues au niveau du commissariat de police. Presque toutes ces plaintes avaient un point commun. Les vols de AS et de ses complices prenaient de l’ampleur et semblaient ne pas êtreprêts de s’arrêter.

C’est ainsi que les policiers ont décidé de sévir pour que les motocyclistes puissent rouler et vaquer librement à leur travail sans inquiétude.

Et c’est en milieu de semaine dernière que AS et ses trois complices sont tombés entre les mains de la police. Leur interpellation est à mettre au compte du commissaire principal, Ibrahima Kébé et ses éléments du commissariat de police du 4ème arrondissement.

Nos sources sont formelles sur un fait.
L’arrestation des quatre malfrats est consécutive non seulement à la multiplication des plaintes des victimes, mais aussi et surtout, par le fait que les cas de braquage à main armée ne faiblissaient pas du tout. Bien au contraire, selon nos amis policiers qui ont traité le dossier, pendant quatre mois, AS et autres commettaient leurs forfaits, et le commissariat continuait de filer le groupe de bandits. Sans s’être vus, les déclarations de certains plaignants s’accordaient sur le fait que AS était armé et s’habillait toujours en tenue militaire.

Ainsi, à la date du 14 juillet dernier, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de la Commune V a saisi le commissariat par un Soit-Transmis faisant cas des différentes plaintes pour « braquage à main armée et extorsion de moto ».

Le commissaire Kébé et ses hommes sont entrés dans la danse. Puis, sous la conduite du chef de l’Unité des recherches, le capitaine de police, Mohamed Lamine Coulibaly alias « MLC » a ouvert une enquête. L’officier de police avait pour mission de tout mettre en œuvre pour mettre AS et ses complices hors d’état de nuire, afin que les motocyclistes puissent vaquer librement à leurs affaires dans la cité des trois Caïmans et ses environs.

C’était le début de la traque des bandits sans que ces derniers ne soupçonnent rien. Mais avec le temps, très méfiant et très malin, AS aurait eu vent de l’opération policière qui le visait ainsi que ses acolytes. Le jeune homme a préféré se calmer un moment en prenant la fuite pour une destination inconnue. Histoire de se faire oublier un moment. Mais, il n’avait pas composé avec toute la perspicacité du commissaire Kébé et ses hommes de la BR. Ainsi, la fuite du braqueur a été de courte durée.

Disposant de renseignements précis sur lui, les policiers ont fini par le localiser à Ségou. Les éléments de la BR se sont rendus sur place pour le cueillir sans grande difficulté. Il est ramené à Bamako avant d’atterrir au commissariat du 4ème arrondissement pour audition.

Très loquace au cours de son interrogatoire, il a reconnu sans ambages, avoir volé une dizaine de mototaxis à Bamako et ses environs. Mais comme il ne voulait pas être le seul à payer pour des faits qui ont nécessité la participation de trois autres, il a clairement et simplement dénoncé ses complices receleurs. Et un par un, ces trois ont tous été alpagués. Au moment de leur arrestation, ils étaient prêts à écouler une moto volée sur le marché noir.

Une perquisition de leur domicile n’a rien donné. Les limiers n’ont pas souhaité traîner avec leurs dossiers. Ils ont été renvoyés au parquet du Tribunal de grande instance de la Commune V. Entre temps, certaines de leurs victimes ont pu récupérer leurs biens.

Tamba CAMARA

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Tamba Camara

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