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Ils formaient un réseau bien organisé qui écumait des quartiers de la Commune II du District de
Bamako. Ils ont fini par être victimes de l’opération « Founou- Founou »

Le commissaire principal, Sadio dit Kono Tomoda et ses hommes du 3ème arrondissement viennent de se faire entendre de nouveau avec l’interpellation d’une bande de malfrats spécialisés dans le vol et le cambriolage. Outre le quartier Bagadadji connu pour être l’endroit où elle s’évissait le plus, cette bande n’épargnait pas d’autres endroits de la capitale et ses environs. Il s’agit de BK, SS, TD, H et X leur receleur.

Selon nos sources au commissariat de police, dans la pratique, ces jeunes avaient un penchant pour les engins à deux roues. Mais pas seulement. Durant leurs opérations, outre l’argent en liquide, ils n’épargnaient aucun autre objet de valeur qui leur tombe sous la main, notamment les téléphones portables, les bijoux, etc.

Ces quatre individus étaient bien organisés dans tout ce qu’ils entreprenaient. Ce qui explique la facilité avec laquelle, ils écoulaient leurs butins sur le marché noir grâce à la complicité de X. Pour ce dernier, c’était devenu quasi routinier, car lorsque les quatre commettaient leurs forfaits, ils n’avaient qu’à le contacter seulement. Et lui, à son tour, faisait disparaître le butin sans autre forme de procès. Puis, il attendait bonnement un autre « marché » pour agir de la même sorte. La technique était très bien huilée et tout marchait comme sur des roulettes.

à l’instar de tout regroupement de bandits, celui que composaient nos quatre malfrats n’a pas échappé à cette règle généralement partagée par la plupart des bandes de voleurs. Pour mener une opération à bien, chaque élément du groupe avait un rôle bien distinct à jouer sur le terrain. Selon nos sources, c’est une des raisons qui fait que leurs opérations se soldaient généralement par des succès.

Le 7 juillet dernier, dans les confins de Bagadadji, en Commune II du District de Bamako, deux de la bande BK et SS sont tombés dans les mailles des filets des policiers du commissariat de police cité plus haut. Depuis, toute la bande croupit entre les quatre murs d'un cachot, le temps de comparaître devant des juges pour les infractions ci-dessus citées.

à la date précédemment indiquée, les policiers patrouilleurs étaient sortis pour une descente inopinée dans les endroits réputés criminogènes des secteurs qui relèvent du 3ème arrondissement. C’est comme cela que des éléments de la Brigade de recherches ont aperçu dans les parages de l’Institut national des arts (INA), deux jeunes aux apparences louches. En plus de leur état suspect, les limiers habillés en civile ont constaté qu’ils étaient entrain de pousser deux motos de marque Sanili.

Certainement ils étaient en train des les éloigner de tout regard indiscret. Cette scène a paru bizarre aux yeux des policiers qui les ont approchés pour tenter d’en savoir plus. Calmement, les deux jeunes gens ont expliqué qu’ils venaient d’acheter les deux engins à deux roues et qu’ils sont entrain de les traîner vers une station d’essence pour y mettre du carburant et continuer leur route. Trop simple comme explication pour des policiers professionnels.

Ces derniers ne les ont pas lâché les baskets comme on le dit. Sur place, ils les ont cuisinés, car en policiers professionnels, leur intuition leur avait laissé comprendre autre chose qu’une explication simpliste tel que ces individus venaient de leur fournir. Dans le feu de l’action, les limiers ont demandé aux deux individus de présenter les documents prouvant qu’ils venaient d’acheter les deux motos comme ils l’ont prétendu. Calmement, ils ont exhibé les attestations d’achat des deux engins et en leurs noms. Donc, en apparence tout semblait prouver que les deux motos étaient leurs biens.

Des téléphones portables neufs, haut de gamme

Mais les limiers étaient loin d’être satisfaits de l’évolution de cette affaire dans laquelle tout leur semblait suspect. Au lieu de laisser les deux individus partir, ils leur ont posé la question de savoir quelle profession ils exerçaient. Sur le champ, ils ont tous déclaré être des apprentis chauffeurs. Mais curieusement, aucun des deux n’a pu produire le moindre document personnel pour confirmer cela.

Dès lors, il y a eu discordance dans leurs explications. Ainsi, les éléments de la BR du 3ème arrondissement conduits par leur chef Youssouf Coulibaly, décidèrent de les conduire au commissariat pour vérification. Au cours de leur audition, les policiers ont été attirés par le fait que les deux suspects avaient chacun des téléphones portables neufs, haut de gamme. Le commissaire Tomoda est entré dans le répertoire de l’un de ces appareils pour lancer un appel à tout hasard.

Comme par miracle, il est tombé sur une dame qui n’a pas hésité à décliner sa vraie identité. De questions à réponses, il s’est avéré que cette dame, une certaine BS était la vraie propriétaire de cet appareil de marque. Puis, la dame a clairement expliqué au commissaire Sadio Tomoda que son téléphone avait été volé quelques heures seulement avant, avec la somme de 3,7 millions
de Fcfa.

Aussitôt le commissaire ordonna la mise en garde-à-vue des deux suspects. Dans la foulée, les fouilles corporelles ont permis de mettre la main sur près de 500. 000 Fcfa qu’ils avaient dans leurs poches. Peu de temps après, BS la propriétaire du téléphone portable résidant à Titibougou est arrivée au commissariat, toute tremblante d’émotion.

« Les bandits m'ont tuée ce jour-là en me 3,7 millions... Je suis teinturière de profession. L’argent provient des commandes de mes clients de l'étranger pour achat du basin en prévision de la fête de tabaski... Je ne savais pas comment les rembourser... J'ai prié Dieu afin qu’il vienne à mon secours. Et Il m’a entendu !». Voilà tout ce que la bonne dame a pu dire lorsqu’elle s’est présentée dans le bureau du commissaire SK Tomoda pour récupérer son téléphone portable et le restant de la somme disparue.

Coincés, les suspects ont reconnu les faits sans ambages. Sur indication, les policiers ont mis la main sur une fille qui dit être la copine du troisième malfrat, le nommé TD. Elle a été utilisée pour servir d’appât afin d’interpeller cet autre élément de la bande. Quelques heures plus tard, c’était au tour de H, le quatrième malfrat d’être arrêté. Ainsi, le quatuor a été mis hors d’état de nuire, alors que tous ses éléments s’étaient dispersés entre différents quartiers de la capitale et ses environs.

Après leur interpellation, ils ont avoué d’autres forfaits plus ou moins graves qu’ils avaient commis à Bamako et dans sa banlieue. Ils ont fini par dénoncer le receleur du groupe qui sera lui aussi arrêter dans un garage. Fouillé, il a été retrouvé sur X plus d’un million de franc CFA et divers objets de valeur, notamment des vêtements neufs, des téléphones portables, etc.

Les policiers ont diligenté leurs dossiers pour les envoyer au parquet du Tribunal de grande instance de la commune dont relève le commissariat du 3ème arrondissement. Entre temps, la dame victime a récupéré le restant de ses biens.

Tamba CAMARA

autho

Tamba Camara

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