single

De gauche à droite: Dado Camara, directrice de l’hebdomadaire ”L’annonceur’’, Sokona Kamissoko, Journaliste ORTM, Coumba Bah, “Télé Liberté”, Keïta Salimata Dao, journaliste réalisatrice, Mariam Kouyaté, klédu

Les femmes journalistes ou techniciennes mènent un dur combat dans le domaine de la communication.Quand les pionnières ont fait leur apparition dans les rédactions des journaux, des radios, et encore aujourd’hui, elles répondaient tous les jours à cette question posée par des parents ou des inconnus : « Commentfais-tu pour faire l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie au foyer ? » Pour éclairer l’opinion quelques communicatrices ont bien voulu partager leurs expériences.

Le journal hebdomadaire « L’annonceur » de Mme Dado Camara est exclusivement animé par des femmes. Cette intellectuelle est convaincue que les femmes jouent un rôle dans la vie de tous les jours. Les animatrices des médias ne font pas exception. La communicatrice Mme Dado Camara estime que les femmes des médias sont sensibles aux sujets de société. « Le traitement de ces sujets aura un impact positif sur la société. ».

La patronne du journal « L’annonceur » révèle les motivations qui l’ont poussée à créer un journal.. « J’ai opté pour ce métier parce que je voulais faire quelque chose de rare. Quand j’arrivais dans le créneau de la communication, il y avait très peu de femmes. Je suis fière. à travers ce métier, je contribue au développement du pays. Mais les embûches sontnombreuses.

PREMIÈRE RESPONSABLE. La première repose sur la gestion de l’emploi du temps. La journaliste peut descendre sur le terrain à tout moment. Elle sera donc absente de son foyer à certaines heures.Dans notre société, la femme est la première responsable de la maison. Sa présence est toujours souhaitée.

La deuxième concerne les préjugés. L’opinion publique ne regarde pas d’un bon œil, l’épouse qui reste en dehors de son foyer après 18heures.

Au début, les gens voyaient les femmes journalistes d’un mauvais œil. Aujourd’hui, la création des écoles privées de journalisme a favorisé une nouvelle mentalité. L’époux, les enfants, les voisins tolèrent qu’une journaliste doit se plier à la règle de sa profession. Elle voyagera avec les hommes, elle quittera son travail à une heure tardive, parce qu’elle devait terminer son article. Tout est une question d’organisation selon la patronne du journal « L’annonceur ». Cette bonne communication avec sa famillepermetde bien mener son activité.

Le courant passe bien entre elle, son mari et ses enfants. Par exemple, toute sa famille sait qu’elle est chargée pendant les mardis en raison du bouclage de son journal.

La troisième difficulté est dans la recherche des partenaires sans être harcelée. Le début n’a pas été facile avec sa famille, à cause des heures de travail. Maintenant, la bonne communication et la compréhension règnent dans dans le foyer de Mme Dado Camara.

La journaliste reporteur à l’Office de la Radio Télévision du Mali (ORTM), Sokona Kamissokoest d’avis que les femmes des médias ne jouent pas un rôle spécifique. Elles collectent, traitent et diffusent l’information . Elle insiste sur l’exigence de donner la bonne information àla population à travers les différents canaux de communication. Cette professionnelle,respecte l’éthique et la déontologie du journalisme. Elle fait bien son travail au même titre que les hommes.

La souriante Sokona est arrivée à l’ORTM à l’occasion de la réalisation de sa mémoire de fin de cycle à la Faculté des Lettres, Arts Sciences humaines (FLASH), série géographie -développement. Dès lors, elle a contracté la passion pour le métier. Elle s’est spécialisée et elle détient aujourd’hui son master II en journalisme.

La leçon qu’elle tire de son choix d’être une femme de médias, est d’accepter les défis et les contraintes de la profession. La première difficulté est la gestion du temps. Dans le milieu du journalisme, il n’y a pas d’heures fixes pour aller au travail ou retourner à la maison.Sokona quitte souvent chez elle à 6h 30 du matin pour ne revenir que le soir à une heure tardive.Ce n’est pas facile pour une mère de famille, qui participe moins au social, parce qu’elle travaille même les jours fériés.

Concernant la gestion du travail et le foyer, lachanceuse Sokonaestmariée à un journaliste. Il comprend mieux les difficultés et les contraintes liées à l’exercice de la profession.

QUATRIÈME POUVOIR. Quand elle voyage,sa sœurgère la maison. Selon Kamissoko Sokona, les femmes de médias sont considérées dans la sociétécomme des « femmes libres », des femmes qui ne peuvent pas accepter les contraintes du mariage. Certains pensentque les femmes journalistes sont capables de gérer les situations difficiles parce que toutes les portes leur sont ouvertes.Elles concilient vie professionnelle et vie au foyer, parce qu’elles savent créer un environnement propice et compréhensif au foyer et au travail. La brave Coumba Bah parle des questions de développement spécifiquement des droits des femmes et des filles.

Elle a créé l’émission citoyenne « Musoya » qu’elle anime depuis le 22 avril 2017 à la télé « liberté ».

Les médias, estime -t-elle, sont animés par les femmes et les hommes en fonction de leurs intérêts et des domaines de compétences.

Et les rôles joués sont en fonction du domaine et secteur d’intervention dans la chaîne de production des contenus et programmes.

L’argument du sexe ne prime pas. Les médias sont de puissants outils de communication. On parle de 4ème pouvoir en démocratie. Coumba Bah a rappelé que la femme est l’éducatrice par excellence, le fondement de nos familles, de nos communautés.

Les médias amplifient et multiplient ce rôle d’éducatrice, de médiatrice au-delà de l’impact que peut provoquer une seule personne. Ce résultat dépend de la formation de la compétence, du degré de résilience, de l’état d’esprit dans lequel on est à un moment donné.

La fonctionnaire, Mme Keita Salimata Dao est journaliste réalisateur. Elle est titulaire d’un DEA en journalisme, spécialité télévision et radio. Elle a étudié pendantsept ans en Russie, à l’université d’état de Voronej. Actuellement, elle travaille au ministère de l’éducation nationale comme chargée de mission en communication. Elle a déjà occupé ce même poste au ministère de l’Agriculture de 2018 à 2019.

Mme Kéïta souligne que les femmes de médias n’ont pas de rôle spécifique. Elles jouent le même rôle que tout autre acteur masculin des médias. Elles doivent être capables d’initier des sujets. Ce travail exige les compétences requises pour choisir les sujets, le genre journalistique le mieux indiqué.

La femme journaliste doit s’intéresser à tous les secteurs. Un jour elle traitera un sujet concernant un secteur sur lequel elle s’est déjà documentée. Cet acquis l’aidera à être en phase avecl’actualité. La chargée de communication du ministère de l’éducation nationalea déclaré que le rôle du journalisme est d’aider la société à guérir ses maux.

Les femmes des médias s’intéressent aux faits de société qui méritentune large diffusion, mais qui ne doiventpaspasser inaperçus. Selon elle, pour les sujets d’investigation, la femme journaliste doit aller à la source de l’information.

Les journalistes ne doivent pas mettre l’accent sur la vie privée des personnes qui seront citées dans le reportage. La femme journaliste commettrait en ce moment une violation des droits humains. La femme de média informe et sensibilise les populations. Elle influe sur les prises de décision dans le bon sens. Ellefait des plaidoyers, prône la paix, l’union, l’harmonie dans la société.

DES DIFFICULTÉS. À propos des difficultés du métier,Keita Salimata Dao a expliqué que les difficultés commencent déjà par le fait qu’on est une femme.

« Nous rencontrons des gens de différentes cultures et nous ne sommes pas reçues de la même façon partout », a confié Salimata. Certains hommesperçoivent mal qu’une femme soit dans un lieu en compagnie de beaucoup d’hommes. « Ils oublient que tu viens travailler et non te fairevoir ».

La femme de média est souvent rabaissée et marginalisée dans certains milieux à cause de sa féminité. Par exemple : « Je n’ai jamais vu une femme couvrir la prière à la mosquéependant les jours de fêtes.

Pourtant poursuit-elle, c’est une expérience à capitaliser. « Nous vivons le harcèlement sexuel fréquemment. On vient pour une interview et après on n’arrête pas de t’envoyer des messages », a-t-elle confiée.Elle a souligné que sans le soutien de son mari, elle n’allait pas s’en sortir.

Concernant les pesanteurs sociaux, elle a rappeléque certaines personnes ont tendance à confondre femmes de médias et femmes infidèles. Le milieu étant dominé par les hommes, il est difficile pour certaines d’échapper à la tentation.

Les femmes de médias sont comme toutes les autres femmes travailleuses. Dans le milieu, chacun entre avec son éducation et ses convictions.

Par ailleurs, elle a rappelé qu’elle a aimé la profession depuis son bas âge. Elle admirait une présentatrice de latélévision ivoirienne.

La journaliste-présentatrice à la radio klédu, Mariam Kouyatéa expliqué que la femme de médias à la recherche de l’information destinée augrand public doit collecter des faits pour convaincre .

Par rapport à la difficulté du métier, les femmes de médias rencontrent au niveau des rédactions beaucoup d’injustice. Les missions des femmes des médias peuvent être sources de conflits dans certaines familles si le mari n’est pas compréhensif.

Amsatou Oumou TRAORÉ

autho

Amsatou Oumou Traoré

ARTICLES CONNEXES

VOIR TOUT

LES PLUS RECENTS

VOIR TOUT

LES PLUS LUS

VOIR TOUT

TWITTER