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Dans cette interview qu’elle nous a accordée en marge de la Ligue des champions féminine, la Comorienne fait le bilan de la première édition de la compétition, se projette vers le prochain tournoi et aborde d’autres sujets sur la promotion et le développement du football féminin du continent

L’Essor : La première édition de la Ligue des champions féminine de la CAF a pris fin vendredi. Quel bilan faites-vous de la compétition ? Est-ce que les attentes de la CAF ont été comblées ?

Kanizat Ibrahim : Tout s’est bien passé et le bilan est très positif. Ce que j’ai aimé, c’est que toutes les rencontres se sont déroulées sans incidents.

Aucune délégation ne s’est plainte de quoique ce soit, ni avant, ni après la compétition Pour moi, toutes les attentes de la CAF ont été comblées. Chapeau au président de la CAF, Patrice Motsepe et à tous les membres de son bureau et mention spéciale à l’égypte pour la bonne organisation. Pour moi, l’organisation a été une réussite totale.

L’Essor : Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans cette édition inaugurale ?

Kanizat Ibrahim : Rires… Ce qui m’a le plus marqué dans cette édition, je peux dire que c’est le fair-play et la discipline de l’ensemble des délégations participantes. Je reviens, ensuite à l’organisation qui a été une réussite totale. Les délégations étaient bien logées et la compétition s’est clôturée sans incident. C’est l’essentiel.

L’Essor : Dans votre allocution d’ouverture vous avez dit que le football féminin est l’avenir du sport mondial. Quel message voulez-vous transmettre à travers cette déclaration ?

Kanizat Ibrahim : Vous savez, la FIFA a un financement spécifique pour le football féminin. Pour la FIFA et la CAF, le football féminin est l’avenir du sport au niveau mondial. Cette édition représente la fenêtre d’espoir pour les femmes du monde entier.

Cette ligue donnera aux jeunes l’envie de relever des défis et l’espoir de participer un jour au tournoi. Nous ne pouvons pas évoquer l’essor du football féminin sans parler des infrastructures, de la formation, des levées de fonds et des stratégies de gestion nécessaires pour accompagner son développement.

Si le football féminin est bien structuré, les sponsors soutiendront. Nous invitons les sponsors à venir sponsoriser le foot féminin pour que nous puissions organiser de grands tournois de ce genre.

L’Essor : Comme en Europe, la Ligue des champions féminine se dispute tous les ans. N’est-ce pas là un grand défi pour la CAF, vu le nombre encore très faible de pays qui organisent des championnats de football féminin ?

Kanizat Ibrahim : Un grand défi, je ne dirai pas non, mais ce que je peux dire C’est que la CAF est prête à relever le défi. Même ce tournoi était un grand défi pour nous compte-tenu de plusieurs difficultés au niveau mondial comme la maladie à coronavirus. Malgré la pandémie, nous l’avons fait et nous comptons organiser beaucoup de tournois de ce genre.

J’espère que la deuxième édition sera aussi, sinon meilleure que la première. En tout cas, les championnats nationaux désormais seront plus disputés parce que tous les clubs se battront pour pouvoir participer à la Ligue des champions féminine.

L’Essor : Quel est votre regard sur le développement du football féminin sur le continent ?

Kanizat Ibrahim : Un regard positif. Depuis mai dernier, je dirige la Commission d’organisation du football féminin de la CAF, c’est un grand défi pour moi et je suis prête à tous les sacrifices pour la vulgarisation et la promotion du football féminin. Je prie Dieu pour que je puisse apporter un plus au foot féminin du continent.

L’Essor : Vous êtes une cheffe d’entreprise de 46 ans. Comment êtes-vous arrivée à la tête du Comité de normalisation de la Fédération de football des Comores en 2019 et à la vice-présidence de la CAF ?

Kanizat Ibrahim :
Une bonne question. Pour le Comité de normalisation, le début a été un peu difficile. Cela n’a pas été évident, car la situation était quasi chaotique au niveau de la gouvernance avec une multitude de problèmes à gérer. Quand on m’a fait venir, il y a des réserves du fait que je n’étais pas du milieu footballistique. Mais loin d’être un handicap, cela a été un atout pour moi.

J’ai pu apporter un regard extérieur et non partisan, tout en faisant preuve de rigueur et de détermination. Dès les premières semaines de ma prise de fonction, le monde du football de mon pays a commencé à apprécier mon travail. Mon équipe et moi, avons créé la confiance et nous avons même commencé à enregistrer des résultats sportifs au niveau de l’équipe nationale.

L’Essor : Le monde du football féminin se plaint partout du fait que les footballeuses ne sont pas traitées sur le même pied d’égalité que les footballeurs. Qu’en pensez-vous ?

Kanizat Ibrahim : Ce n’est un secret pour personne qu’il y’ avait une discrimination au niveau de foot féminin.

Mais maintenant, il y’ a un changement et nous sommes en train de travailler pour que tous les acteurs du football soient logés à la même enseigne. Il faut avouer que la situation a beaucoup évolué et nous espérons que cette dynamique de changement va se poursuivre à tous les niveaux. à mon avis, le football féminin a un avenir radieux.

Propos recueillis par
Djènèba BAGAYOKO

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Djènèba Bagayoko

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