single

L’usine a égrené 38.601 tonnes avec une cadence de 406 tonnes/jour

Afin de s’enquérir de l’évolution des travaux et projets financés par son département, le ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la Pêche, Mahmoud Ould Mohamed, a entamé une tournée de trois jours dans la Capitale de l’arachide. Après Bafoulabé, il a sillonné le Cercle de Kita et visité le chantier de construction d’un pont et de ses voies d’accès de 2.350 m sur le Daroumé, à Kéniénifé (Toukoto).
Constat : les travaux accusent du retard. Une note distribuée par l’unité de gestion du PDRIK II explique qu’«il convient de rappeler que suite aux levées contradictoires et l’avant-mètre de dossier d’exécution, il s’est avéré que le sol de fondation de l’ouvrage n’est pas compatible avec le type de fondation prévu dans l’APD. Pour ce faire, le type de fondation initial a été modifié…»
D’un coût total de 953.584.900 Fcfa, le pont sur le Daroumé mesure 76 m de longueur et 9,20 m de largeur. Sa réalisation est financée par la Banque islamique de développement. L’entreprise Global construction Afrique assure la réalisation.

Pour le ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la Pêche, ce pont est stratégique, car il permet l’écoulement de la production du Kaarta, une très grande zone de production et de productivité agricole. «Les éléments du contrat ont été respectés mais les résultats ne sont pas là. Tout doit être fini avant l’hivernage», a instruit le ministre, avant de prévenir que le premier responsable sera interpellé courant cette semaine pour faire avancer les choses. Cela au regard même de l’intérêt de ce pont pour les populations.
«Pour qui connaît l’histoire du cours d’eau, le Daroumé a toujours fait des victimes humaines et animales. C’est un lieu de passage des animaux, en période de crue. La construction de ce pont permettra de sauver des vies humaines et surtout de désenclaver la zone en période hivernale», a souligne Moussa Doumbia, responsable du chantier.

Lors de son périple, Mahmoud Ould Mohamed a également rencontré les responsables administratifs, les producteurs de coton et les faîtières de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) de la zone de Kita. Objectif : s’enquérir des progrès et difficultés. L’administrateur général de la zone ouest de la CMDT, Mobibo Tangara a relevé que Kita, avec une production évaluée à 18 milliards Fcfa cette année, est devenu la première zone productrice de coton au Mali. Les objectifs de qualité de la fibre de coton ont été dépassés pendant les campagnes 2017/2018 et 2019/2020. La commercialisation du coton graine représente 72,04% des entrées de l’usine d’égrainage de Kita. La tendance des achats est en bonne voie. 40,06% des marchés ont terminé avec la commercialisation, a assuré Modibo Tangara, avant d’exprimer le besoin d’une deuxième usine d’égrainage pour booster les rendements.

D’autres intervenants ont posé des questions relatives aux difficultés de transport, de machines agricoles, à la vétusté du parc de transport de coton graine et des engins de génie civil. En effet, selon le secrétaire administratif des producteurs de coton de Kita, l’état des routes constitue un véritable casse-tête pour les producteurs de coton. L’accès aux zones de culture est difficile, a déploré Gagni Dembélé.

Après cette rencontre, la délégation a visité l’usine d’égrainage de Kita et de Jatropha Mali Initiative (JMI). Cette unité produit du biocarburant, de l’huile non comestible et du tourteau. à ces activités classiques, elle a ajouté la transformation industrielle du soja qui enrichit le sol et la production de l’huile comestible. Pour le directeur général de JMI, Adama Traoré, elle a signé un partenariat avec la CMDT et les producteurs de coton pour diversifier les sources de revenus au cas où le coton traversait une crise. Avec un capital de 120 millions Fcfa, JMI emploie une quarantaine de personnes.

Concernant l’usine d’égrainage, la campagne de commercialisation a débuté le 25 novembre 2020. L’usine a égrené 38.601 tonnes avec une cadence de 406 tonnes/jour contre 380 tonnes/jour prévues. Elle a produit 15.701 tonnes de fibre avec 92,05% de grade de tête et 20.846 tonnes de graine. Les rendements fibre et graine sont respectivement 40,68% contre 41,50% et 54,00%, contre 53% prévus.
Mahmoud Ould Mohamed a, au terme de la rencontre, reconnu qu’il y a des problèmes dans le secteur du coton. «Nous avons une obligation de les régler.

C’est pourquoi, notre priorité a été l’organisation des assises sur le coton pour permettre à tous les acteurs, de la base au sommet, de discuter et proposer des solutions», a-t-il rassuré.
En réponse aux besoins exprimés, il a promis la construction prochaine d’une deuxième usine d’égrenage à Kita. «Un peu plus de 80.000 tonnes sont produites alors que l’usine ne traite que 400 tonnes/jour. Si la production augmente, il va falloir mettre en place une deuxième usine urgemment d’ici la fin de l’hivernage», a annoncé le ministre Mahmoud Ould Mohamed.

Il s’est dit satisfait des réalisations de l’usine et a garanti l’accompagnement de son département. En plus du soja, un très bon fertilisant, la production d’huile et de l’aliment bétail (tourteaux) pourront, minimiser les conséquences de la baisse de la production de coton de cette année, a noté le ministre.

Envoyés spéciaux
Oumar SANKARÉ
Sékou KOUYATÉ

autho

Oumar Sankaré

ARTICLES CONNEXES

VOIR TOUT

LES PLUS RECENTS

VOIR TOUT

LES PLUS LUS

VOIR TOUT

TWITTER