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Dr Kalifa Coulibaly

La hanche, également appelée articulation coxo-fémorale, est une articulation congruente (emboîtée) qui joue un rôle majeur dans la marche ainsi que dans la flexion et la rotation du tronc. Dr Kalifa Coulibaly, chirurgien orthopédiste et traumatologue à l’hôpital de Kati, soutient que la hanche est une articulation portante. Plus on est en surpoids, plus la hanche souffre et cause la dégradation du cartilage articulaire. Il explique qu’entre les deux extrémités osseuses, il y a un tissu au niveau de la hanche qui empêche le contact des extrémités. En cas de destruction progressive de ce tissu, cela entraîne des manifestations cliniques : c’est ce qu’on appelle la coxarthrose.

Il s’agit d’un processus dégénératif local du cartilage articulaire de la hanche. C’est une maladie qui est très fréquente au Mali. Elle occupe la deuxième place de l’arthrose au niveau de l’organisme et sévit surtout chez les personnes âgées à partir de 60 ans et les femmes y sont les plus touchées.
L’obésité et le surpoids sont deux grands facteurs favorisants de la maladie surtout chez les femmes. Sur le plan hormonal, les hormones agissent défavorablement sur le cartilage, selon le spécialiste. On retrouve aussi à l’origine certaines fractures mal traitées et des malformations de la hanche.

Dr Coulibaly explique que «plus la personne avance en âge plus l’épaisseur du cartilage diminue». On distingue les coxarthroses primitives et celles secondaires. Il explique que les primitives qui représentent 50% surviennent sans étiologie, c’est-à-dire sans cause. Les coxarthroses secondaires peuvent être post-traumatiques ou liées à une fracture de la partie supérieure du fémur (os de la cuisse). Si le traitement n’est pas bien assuré une coxarthrose primaire peut évoluer vers la secondaire. C’est le cas aussi de l’os du bassin. Même les luxations de la hanche peuvent notamment évoluer vers la coxarthrose secondaire. L’origine de la coxarthrose peut être malformative.

Ce qui signifie que la hanche n’est pas bien formée. Aussi chez certaines personnes, la hanche est luxée naturellement. Si la hanche n’est pas dans sa loge, cela peut provoquer une coxarthrose. Ce n’est pas tout, il dit que plusieurs malformations conduisent à une coxarthrose. Souvent le cotyle là où la tête du fémur loge est trop petit ou large ou la tête même du fémur est mal formée. Cela peut provoquer à la marche un déséquilibre de partage de force. Ce déséquilibre provoque par la suite une luxure prématurée du cartilage articulaire.
Le diagnostic est clinique et radiographique. La maladie se manifeste cliniquement par la douleur. Au début, cette douleur est absente. «Et c’est ça qui rend le diagnostic difficile». Le cartilage qui se trouve entre les deux extrémités osseuses a une épaisseur bien connue.

Pour que le malade sente la douleur, il faut que cette épaisseur diminue et atteint un niveau. Et cette douleur apparaît de temps en temps. Il peut avoir mal quelques jours et ne rien ressentir pendant un intervalle de deux semaines avant que la douleur ne revienne. Si le processus continue, la douleur devient fréquente. Au lieu de deux semaines, le malade aura mal tous les deux ou trois jours. Si on ne freine pas l’évolution, la douleur apparaît à la marche. Ainsi à chaque pas, le patient peut en ressentir. Dans ce cas si rien n’est fait, la douleur va évoluer et sera ressentie même au repos. Le spécialiste soutient que la pathologie devient très invalidante et gênante en ce moment.

La maladie provoque la diminution de la mobilité de la hanche et celle-ci dépend de l’état d’évolution de la maladie. «Plus la maladie évolue, plus la limitation de la mobilité est accentuée», explique-t-il. Au stade ultime, le malade n’arrive plus à faire de mouvements au niveau de la hanche. Autre signe, la boîterie qui s’explique par deux choses, soit une inégalité de la longueur, la destruction du cartilage peut rétrécir la longueur du membre (le membre malade devient plus court que le membre sain), soit par la douleur, le fait que le patient a mal boîte pour se soulager.
Après ces signes évocateurs, la radiographie de la hanche vient confirmer le diagnostic. Elle va montrer un pincement de l’interligne articulaire. Le premier signe radiologique c’est cette interligne articulaire.

Sur la radiographie, le cartilage n’est pas visible. On voit un espace vide entre les deux extrémités. Si cet espace est occupé par le cartilage, plus le cartilage diminue de l’épaisseur plus les deux extrémités se rapprochent. Il y a aussi la condensation osseuse. Avec cette condensation, les deux extrémités deviennent très denses (le fait que le cartilage est détruit, le patient continue à marcher. Les extrémités vont être très renforcées très solides). Sur la radio, on voit une augmentation de la densité osseuse. Autre signe, il y a des cavités néoformées, c’est-à-dire des trous autour de l’articulation. Il précise que cela dénote de la souffrance de l’extrémité. Il y a également des ostéophytes, des becs osseux au niveau des os. Ces becs font très mal quand la personne marche.

Le traitement qui se fait par étape est simple au début de la maladie. Le spécialiste dit qu’avec un simple repos, on arrive à calmer la douleur lorsque la destruction du cartilage n’est pas avancée. Si la douleur devient gênante, le traitement devient médicamenteux. Ce sont des antalgiques qui sont donnés en fonction des paliers. Lorsque la douleur devient nocturne, on ajoute une composante inflammatoire. Il précise que ces médicaments sont destinés à calmer la douleur. Pour le moment, il n’y a pas de médicament pour freiner la destruction du cartilage. Par contre, il y en a qui permettent de ralentir la destruction du cartilage. La physiothérapie est un moyen de traitement de la coxarthrose. Ce traitement se fait avec des agents naturels tel que le rayon ultra violet. Cette technique qui soulage est beaucoup utilisée chez des patients qui ont d’autres pathologies antérieures. Parmi les traitements, il y a aussi la diminution du poids.


Le traumatologue explique que lorsque le malade est en surpoids, la hanche va recevoir beaucoup de charge. Donc en diminuant le poids, cela peut soulager la douleur et ralentir la destruction du cartilage. Mais au stade ultime, le traitement est chirurgical. Dr Coulibaly et son équipe sont très sollicités dans ce domaine. Cette intervention chirurgicale dépend non seulement de l’âge, du type de la coxarthrose mais aussi de l’évolution de la maladie.

Chez les jeunes, dit-il, on essaye de faire une chirurgie conservatrice, c’est-à-dire opérer en conservant la hanche. Mais si la destruction atteint un certain niveau ou si c’est un sujet âgé on implante directement la prothèse, interne qui va remplacer la hanche et le malade fera sa vie avec, sa mobilité sera conservée. Selon le chirurgien, la prothèse change le pronostic de la coxarthrose. Comme mesures préventives, il conseille de surveiller son alimentation et éviter la sédentarité.

Fatoumata NAPHO

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Fatoumata Napho

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