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Le maréchal Idriss Déby Itno, président du Tchad jusqu’à hier et qui allait souffler sa 69è bougie le 18 juin prochain, est décédé hier mardi, les armes à la main. Sa disparition, au-delà de l’émoi, a suscité une avalanche de réactions dépassant largement les frontières du Tchad. Parmi les réactions, celle du Mali était particulièrement attendue.

Car l’homme aura marqué les esprits dans notre pays par son sens de la solidarité. Idriss Déby a accepté de se porter au secours de notre pays en 2013, dans le cadre de la reconquête des régions du Nord contre les groupes terroristes qui s’y étaient installés. Ses soldats ont fait la preuve de leur courage et de leur savoir-faire militaire en défaisant les terroristes retranchés dans les massifs de l’Adrar des Ifoghas.

Depuis, Idriss Deby est l’un des présidents les plus populaires dans notre pays. En reconnaissance de son geste exceptionnel, le Mali devrait être parmi les premiers à lui rendre hommage. C’est ce qu’a fait le président de la Transition, Bah N’Daw dans un message de condoléances adressé au peuple tchadien.

Après s’être incliné devant la mémoire de l’illustre disparu, le président Bah N’Daw a indiqué que la disparition du président Idriss Deby Itno était une «lourde perte, non seulement pour son pays, le Tchad pour lequel il est allé jusqu’au sacrifice suprême, mais aussi pour la région sahélienne et l’Afrique». Il s’est illustré dans notre histoire récente qu’il a d’ailleurs contribué à façonner par son engagement et sa vision d’une Afrique unie et forte, a témoigné le chef de l’État.

En ces moments de grande tristesse, ajoutera le président Bah N’Daw, le peuple et le gouvernement du Mali témoignent de leur reconnaissance et de leur gratitude au peuple et au gouvernement du Tchad pour le soutien multiforme apporté, sous la direction du Maréchal, à la paix, à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme au Sahel.

La réaction de la France était tout aussi attendue. L’ex-puissance coloniale, très impliquée dans la vie politico-militaire du Tchad, avait adoubé le président Déby comme un partenaire de premier plan dans la région du Sahel. Paris s’appuyait sur le chef de l’État tchadien et son armée aguerrie dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

«Le Tchad perd un grand soldat et un président qui a œuvré sans relâche pour la sécurité du pays et la stabilité de la région durant trois décennies. La France perd un ami courageux», soutient un communiqué publié hier par le service de presse de l’Élysée. Aussi, la France a exprimé son attachement ferme à la stabilité et à l’intégrité territoriale du Tchad.

Elle prend acte de l’annonce par les autorités tchadiennes de la mise en place d’un Conseil militaire de transition, chargé de conduire une transition politique d’une durée limitée. Dans le concert de réactions, figure celle de l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga qui a rencontré l’illustre disparu le 12 avril dernier, après les opérations de vote lors des élections présidentielles du Tchad. Pour lui, les conditions de son décès illustrent à la fois son engagement et sa combativité constants auprès de ses troupes engagées au front.

«Le Mali et le Sahel perdent en lui un allié fondamental», soutient Soumeylou Boubèye Maïga. L’ancien ministre des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé, a lui aussi joint sa voix aux réactions en indiquant que les Maliens n’oublieront jamais l’engagement du président Deby pour la libération de notre pays, de la vallée de l’Ametettaï dans l’Adagh (2012) au Liptako Gourma (2021).

«L’héroïsme des soldats tchadiens fait partie de l’histoire du Mali», retient le président du Parti pour la renaissance nationale (Parena). L’homme aura conservé jusqu’au bout l’image du guerrier farouche au combat. Les ors des palais n’ont pas tué en lui l’instinct du soldat intrépide.



Massa Sidibé

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Massa Sidibé

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