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Le déroulement de l’actuelle Transition manquerait de clarté selon une partie des politiciens maliens. Ce point de vue est-il agréé par la majorité des citoyens ? J’en doute. Les trois révolutionnaires, le président Bah N’Daw, le vice-président le colonel Assimi Goïta, le Président du Conseil national de la Transition, le colonel Malick Diaw, n’ont-il pas adopté les deux principes suivants pour gérer le pouvoir d’état ? Le premier : «Qui va lentement, va sûrement». Le second : « Qui veut aller loin ménage sa monture». L’ossature de cette monture solide à souhait sera confectionnée avec des statistiques vérifiables sur le terrain, qui dressent l’état de la nation. Et si possible du 22 septembre 1960 au 18 août 2020.

Malheureusement, les statistiques fiables, tirées de tous les secteurs de notre économie, n’alimentent pas les causeries des villas et des chaumières dans notre pays. Et pourtant elles avèrent les forces et les faiblesses de l’économie malienne. En 2009, la population malienne était estimée à 14,5 millions d’habitants, dont 50,4% de femmes et plus de 70% vivant en milieu rural. Ces chiffres déterminent l’avenir de notre pays. Ils aident les autorités administratives et politiques à prendre des décisions au mieux des intérêts des populations rurales et urbaines. N’est-ce pas pour cette raison que l’Institut national des statistiques (INSTAT), depuis 2011 a mis au point «L’Enquête modulaire et permanente auprès des ménages (EMOP)». Cet outil annuel a-t-il été correctement commenté et exploité par les ministres, les députés, les maires, les gouvernements maliens depuis la chute du régime socialiste de Modibo Kéïta en novembre 1968 ? Les chargés d’éducation civique et morale dans les écoles fondamentales, les lycées, les universités sont-ils dotés des statistiques de l’EMOP ?
Les opérateurs économiques et financiers, les commerçants travaillent-ils en s’inspirant des statistiques tirées de l’EMOP ? L’information statistique est-elle diffusée à souhait pour atteindre chaque Malien actif ou au chômage? Et le motiver à faire mieux. à ce titre, les statistiques sont le système nerveux de notre pays. Il en faut tirer les leçons, et mettre au point la méthode correcte pour les traduire sur le terrain de la production. Tous secteurs confondus. Elles sont indispensables au brainstorming national.

La maîtrise des données chiffrées par les ouvriers, les éleveurs, les agriculteurs, les pêcheurs est primordiale. Ce partage de l’information chiffrée entre les riches et les pauvres dans notre pays, impulsera la croissance économique. Nous devons tous être des adeptes des statistiques comme le défunt Premier ministre de l’ex-Union des républiques soviétiques socialistes (URSS). Cet éminent homme d’état avait toujours dans la poche de sa veste, les dernières données statistiques sur la situation économique de son pays. Passons aux états-Unis d’Amérique. Le président directeur général d’une grande société commerciale américaine à l’issue d’une réunion a été élevé au rang de génie par ses employés. Et pour quelle raison ? Il avait fixé ses proches collaborateurs dans les yeux. Et il avait déclaré : « Des milliers de milliards de dollars américains changent de main chaque jour. Je veux avoir ma part. Faites preuve d’imagination.» Et les boîtes à idées fleurirent dans l’entreprise.

Dans les villas et les chaumières de mon pays, tout le monde veut vivre dans une certaine aisance matérielle. L’Internet est un merveilleux outil de vulgarisation des statistiques de l’INSTAT par «email» des individus et des services. Sans faire de publicité, ORANGE-MALI et MALITEL pourraient mettre leurs réseaux d’abonnés au service d’une campagne quotidienne de diffusion des données chiffrées recueillies par l’INSTAT sur le travail des Maliens dans tous les domaines. La lecture correcte de «L’Enquête modulaire et permanente auprès des ménages » aidera chaque Malien à se situer sur l’échelle sociale. Le Quotidien national « L’ESSOR », les diverses éditions dans les langues nationales pourraient aider à porter les messages des statistiques partout sur le territoire national via les «email». Dans les bureaux, les champs, les ateliers.



Sékou Oumar DOUMBIA

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Sékou Oumar Doumbia

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