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Le processus de renouvellement des instances du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), entamé août 2020, a plongé cette organisation dans l’une des crises les plus profondes de son histoire. Son sort pourrait même dépendre d’une décision de justice.
Un procès oppose le président sortant Mamadou Sinsy Coulibaly à son «challenger» Diadié dit Amadou Sankaré.
En attendant l’issue de cette bataille judiciaire (la prochaine audience est prévue en avril), la majorité des membres du CNPM (26 sur 39) que sont les Groupements professionnels et les Conseils patronaux de régions, ont décidé, le 13 janvier dernier, de la mise en place d’un comité de crise présidé par Soya Golfa, président du Groupement des commerçants du Mali.
Ce comité aura pour missions la mise en place d’une période de transition et d’un organe dirigeant consensuel et inclusif pour la période. Il devra engager un processus de relecture des textes du CNPM, pour en corriger les insuffisances et organiser à terme une nouvelle assemblée générale élective.

Dans cette optique, son président a écrit, le 24 février dernier, au président sortant Mamadou Sinsy Coulibaly et à Diadié dit Amadou Sankaré, (élus respectivement le 8 octobre 2020 et le 26 septembre 2020) leur demandant de désigner trois représentants de leur liste de candidature devant siéger dans l’organe transitoire.
Qu’en pensent les têtes de listes des deux camps ? Rencontré hier à son bureau au Quartier du fleuve, Mamadou Sinsy Coulibaly est formel.
«La démarche est légaliste et légitime. Sur l’ensemble des groupements ressortissants du CNPM, les 26 représentent les 2/3. Donc en matière de démocratie si c’est eux qui le demandent, je suis obligé d’adhérer à cette idée. J’adhère à cette idée pour que le patronat puisse être quelque chose qu’on a mis en place et qui puisse continuer à faire le syndicalisme Patronal», a-t-il argumenté.
En ce qui concerne la désignation des représentants de sa liste de candidature au sein du comité de crise, Mamadou Sinsy Coulibaly, assure que tout est fin prêt.

«Les personnes ont été sélectionnées parmi celles qui me suivent, par l’ensemble des délégués, sur la base d’un certain nombre de critères. Il faut être un négociateur et comprendre l’enjeu, qui n’est ni moi ni quelqu’un d’autre. L’enjeu c’est le CNPM et cela est primordial», a assuré le président sortant. Mamadou Sinsy Coulibaly s’est, toutefois, indigné. «On a une grosse de justice qu’on n’arrive pas à exécuter, sans savoir pourquoi ?», a-t-il rappelé.
Quant à son «challenger» Diadié dit Amadou Sankaré, il indique n’avoir pas été associé à la mise du comité de crise.
«Je n’ai pas été consulté au moment de la mise en place du comité de crise, mais je respecte leur choix. Cependant, je n’ai pas de commentaire à faire là-dessus. J’ai été installé par une décision de justice et je m’en tiens à cela. Il y a une procédure de justice en cours, donc nous laissons la justice faire son travail», a-t-il tranché.
Rappelons que sur la base d’une grosse de justice, le Tribunal de grande instance de la Commune IV du District de Bamako était revenu en détail sur les motifs de l’annulation de l’ordonnance «gracieuse» accordée à Diadié dit Amadou Sankaré le 9 octobre dernier.
À travers ce document, signé le 27 novembre 2020, le président du Tribunal, Kassoum Koné a annulé dans tous ses effets l’ordonnance «gracieuse» qui autorisait Diadié dit Amadou Sankaré à occuper le siège du Patronat.



Babba B. COULIBALY

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Babba B. Coulibaly

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