single

Dans son carnet de voyage relatant son passage dans un pays à dominante musulmane aux premières heures de l’éclosion du phénomène internet, un reporter décrivait le spectacle, pour lui insolite, de personnes en habits traditionnels installées à des terminaux d’ordinateurs dans un cybercafé, à quelques pas d’un lieu de culte vénéré. Le voyageur s’étonnera du contraste culturel entre l’ancien et le moderne que présentait ainsi ce pays aux traditions fortement marquées par la dernière religion révélée. Voyant dans ce phénomène les prémices d’une dérive des principes rigoristes du pays, il s’en entretiendra avec l’un des responsables du centre œuvrant pour la promotion des nouvelles technologies dans le pays.

«Il nous faut prendre le meilleur de ce qui nous vient d’ailleurs», dira son interlocuteur, avant de fustiger l’attitude de ceux qui refusent l’instruction. L’homme soulignera la nécessité pour le monde musulman d’intégrer les éléments positifs de la vie moderne, tout en préservant ses valeurs islamiques traditionnelles. C’est dans cette perspective que la tribune d’une conférence internationale a servi de cadre à un leader influent pour inviter les pays musulmans à taire leurs divisions pour mieux faire face au progrès technologique.

En abordant ainsi le thème de l’islam et de la modernité, les théologiens dissocient les préceptes fondamentaux qui appartiennent au culte, des phénomènes éphémères ou pérennes marquant l’évolution de l’homme ici-bas. L’intelligence et l’esprit de raison qui lui sont acquis permettant au musulman de faire face aux défis du monde moderne. Tous les domaines de la vie sont ainsi concernés par cette évolution et interpellent le fidèle, de l’éthique médicale à l’organisation sociale, en passant par l’appropriation de la technologie.

Les théologiens se réfèrent à ce sujet à la contribution des savants musulmans dans divers domaines de la connaissance humaine à la compréhension de l’univers. Mais au point de vue du culte, les canons sont déterminés et ses principes fondamentaux transmis par le Guide l’islam (PSL) ne relèvent plus de la révision humaine.

Par contre sa faculté de raisonnement doit s’exercer dans le vaste champ offert par toutes les autres activités humaines. Pour le théologien, les principes de l’islam permettent de concilier les traditions musulmanes et la modernité dans ce que peuvent lui apporter d’autres cultures. Mais autant l’islam admet de la modernité ce qui relève de l’entendement, de la recherche dans tout ce qui est bénéfique à l’être humain, autant il rejette les actes qui déboucheraient sur la déchéance de l’individu. Voilà pourquoi il attache une importance particulière à la transmission de ses valeurs par le biais de l’éducation.

À cet effet, il est rendu hommage en maints passages des Révélations coraniques à l’homme qui fait preuve d’assiduité dans la recherche de la science, à la différence de celui qui ne s’attache qu’à la recherche des biens. L’homme de science se verra accroître la satisfaction du Miséricordieux, soulignent les oulémas, car «... les plus savants d’entre les serviteurs du Tout-Puissant le craignent» (35-28), tandis que celui qui recherche les biens du monde sombrera de plus en plus dans la perversion et la rébellion.

A. K. CISSÉ

autho

Abdoul Kadry Cissé

ARTICLES CONNEXES

VOIR TOUT

LES PLUS RECENTS

VOIR TOUT

LES PLUS LUS

VOIR TOUT

TWITTER