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Le procès de Bakary Togola et autres à la session spéciale de la Cour d’assises sur les crimes économiques et financiers s’est ouvert, hier, avant d’être renvoyé à aujourd’hui, une vingtaine de minutes après. Ce renvoi est consécutif à l’absence de deux accusés à l’audience.

La prise de corps de ces inculpés venant de Dioïla et de Fana a été faite tardivement dimanche. En conséquence, leurs dossiers n’étaient pas en état d’être jugés. Les deux individus se trouvaient encore en détention alors que les autres mis en cause étaient tous présents dans le box des accusés et prêts à être jugés.

Il était 9 heures lorsque le président de la Cour, Diakaridia Touré et les autres jurés firent leur entrée dans la salle Boubacar Sidibé de la Cour d’appel. Juste le temps de prendre place et de demander aux occupants de la salle de s’asseoir, il s’adressera à la quinzaine d’avocats de la défense pour les derniers réglages avant de rentrer dans le vif du sujet. La défense en a profité pour évoquer l’absence des deux accusés et demander le renvoi.

Sur ces entrefaites, les échanges entre la défense et le parquet, représenté par Diakaridia Bagayogo, partirent en vrille. Les avocats de la défense insistaient sur leur demande de renvoi avec des arguments.

Le parquet estimait de son côté que les deux mis en cause, absents à l’audience, pouvaient prendre le train en marche. Les empoignades entre le ministère public et les avocats sur cette question ont duré environ une bonne quinzaine de minutes, avant que le président de la Cour ne suspende l’audience. Quelques minutes plus tard, lorsqu’il a rejoint la salle avec les autres jurés, c’était pour annoncer le renvoi du jugement à aujourd’hui comme les avocats de la défense l’avaient vivement souhaité. Ainsi, la Cour a accédé à la requête de la défense et renvoyé le procès.

Mais avant, le principal accusé Bakary Togola était assis au premier rang dans le box des accusés. Habillé en boubou basin trois pièces de couleur blanche, il tenait en main un chapelet gris qu’il égrenait, tout en remuant ses lèvres comme s’il psalmodiait à voix basse des versets du Coran.

Visiblement serein tout comme ses co-accusés, l’ex président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCAM) a sollicité et obtenu la permission de quitter la salle, un moment. Il se fera accompagner par un gendarme avant de reprendre quelques instants après sa place auprès de ses co-accusés.

Tout paraissait normal aussi bien dans l’enceinte de la Cour d’appel que dans les alentours. Mais dans la salle d’audience, il fallait user d’astuces pour se faire une place dans une salle pleine à craquer. Les paysans étaient massivement présents au rendez-vous.

L’atmosphère était calme certes. Mais de temps à autre, certains n’hésitaient pas à élever la voix pour exprimer ce qu’ils avaient au fond du cœur. «Faites en sorte qu’ils ne puissent plus toucher à l’argent public», pouvait-on entendre.

Lorsque le président a annoncé le renvoi du procès, la salle s’est vidée instantanément. Mais des partisans de l’ancien patron de l’APCAM qui s’y trouvaient sont rapidement sortis pour se masser devant la porte d’entrée de la Cour d’appel et former une haie d’honneur.

Parmi ces partisans, certains lui faisaient des gestes d’au revoir de la main. Histoire de lui faire comprendre qu’ils sont et demeurent avec lui, même dans les moments les plus difficiles.

Mohamed TRAORÉ

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Mohamed Traoré

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