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Sous l’autorité du Premier ministre, l’organe s’attèlera à trois tâches : définir le périmètre des réformes au regard du contexte et de la durée de la Transition, formuler des recommandations sur la base des réformes identifiées par le Dialogue national inclusif ainsi que les Journées de concertations nationales et promouvoir l’esprit des réformes politiques et institutionnelles

Pour aider à corriger les dysfonctionnements de notre architecture politico-institutionnelle, les acteurs politiques et sociaux disposent désormais d’un cadre formel d’échanges avec le Premier ministre Moctar Ouane. Appelé Comité d’orientation stratégique sur les réformes politiques et institutionnelles au Mali, ce cadre a été présenté hier par le chef de l’exécutif aux forces vives de la Nation, réunies pour la circonstance au Centre international de conférences de Bamako.

Moctar Ouane honore ainsi son engagement. En février dernier en ce même lieu, il s’était en effet engagé, lors de sa rencontre de prise de contact avec la classe politique, à instaurer de tel cadre pour débattre des ambitions des autorités de la Transition en matière de reformes institutionnelles et politiques. Plusieurs leaders de partis et de regroupements politiques, de centrales syndicales, d’organisations de la société civile, ainsi que les responsables des mouvements signataires de l’Accord et des dignitaires religieux ont tenu à être témoins de l’avènement de ce comité qui devra contribuer à la mise en œuvre des réformes voulues par le peuple. Leur présence en grand nombre, au-delà de la courtoisie républicaine, a été interprétée par le Premier ministre comme une capacité de dépassement des clivages et des appartenances politiques.

Ce comité est une «réponse à votre pertinente proposition d’un cadre de concertation et d’échanges avec vous acteurs politiques et sociaux pour nourrir la réflexion du gouvernement et l’aider dans l’action», selon le chef du gouvernement qui s’est dit convaincu que cet organe constitue la « structure idoine pour réussir les réformes politiques et institutionnelles indispensables pour bâtir un Mali moderne ». Il doit, en l’occurrence, aider à matérialiser les changements nécessaires à l’émergence du Mali nouveau.
Cependant, Moctar Ouane a mis un bémol, soulignant que ce comité d’orientation stratégique n’est ni une panacée ni une baguette magique. Et il ne sera, a-t-il ajouté, que ce que «notre engagement patriotique, notre loyauté au Mali et notre volonté de bâtir une grande nation en feront».

Trois missions- Une note conceptuelle sur le comité précise ses objectifs, sa composition et ses modalités de fonctionnement. Il y est également rappelé que l’ambition de corriger les dysfonctionnements révélés par la pratique institutionnelle et démocratique dans notre pays n’est pas nouvelle. En effet, trois tentatives de réformes ont échoué, pour des raisons diverses.

Dans l’approche, les autorités de la Transition se distinguent donc par la mise en place de ce comité, au sein duquel toutes les divergences pourraient être réglées. Sous l’autorité du Premier ministre, l’organe s’attèlera à trois tâches. La première mission est de définir le périmètre des réformes au regard du contexte et de la durée de la Transition. Deuxièmement, il doit formuler des recommandations sur la base des réformes identifiées par le Dialogue national inclusif ainsi que les journées de concertations nationales. Et la troisième mission est de promouvoir l’esprit des réformes politiques et institutionnelles.

Le comité pourra se réunir au moins deux fois par mois sous la présidence du Premier ministre

Selon la note conceptuelle, le comité, qui se veut un organe consultatif et inclusif, sera composé de représentants des formations politiques, des syndicats, des mouvements signataires de l’Accord, des organisations faîtières des femmes et des jeunes ainsi que des représentants des régions et des autorités coutumières et religieuses.
Après consultations des différentes parties prenantes et sur leurs propositions, le Premier ministre établira une liste nominative des membres. Les ministres chargés de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, de l’Économie et des Finances, de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les institutions, ainsi que le Délégué général aux élections en sont membres de droit.


Le comité pourra se réunir au moins deux fois par mois sous la présidence du Premier ministre. Et afin d’assurer son fonctionnement de façon efficace et efficiente, il sera composé de quatre groupes thématiques : «Réorganisation territoriale», «Cadre électoral», «Réforme constitutionnelle» et «Régionalisation». Chaque groupe sera dirigé par une personnalité politique ou civile membre du comité. Les groupes thématiques peuvent se réunir chaque fois que de besoin.

Par ailleurs, la note précise que le comité bénéficiera de l’appui d’un secrétariat permanent, disposant d’un pool d’assistants. Les ressources nécessaires au fonctionnement du dispositif sont à la charge du budget national.
Un appui pourrait être fourni par les partenaires techniques et financiers. Précisons que les personnalités dûment mandatées pour en être membres ne percevront pas de rémunération. Toutefois, des indemnités pourraient leur être accordées.

Cette rencontre s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement.


Issa Dembélé

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Issa Dembelé

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