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Les chefs des Missions culturelles et autres responsables de la direction nationale du patrimoine culturel ont reçu récemment une formation des formateurs sur le trafic illicite des biens culturels. C’était au cours d’un atelier qui représentait un intérêt particulier dans le cadre de la protection des biens culturels. La rencontre a permis d’échanger et de partager avec les responsables des Missions culturelles et les directions régionales de la culture sur les notions de patrimoine culturel, le cadre législatif et réglementaire de protection, de gestion et de valorisation du patrimoine culturel national, les menaces qui pèsent sur le patrimoine culturel, notamment le pillage des sites archéologiques et le trafic illicite de biens culturels.

Une activité qui s’inscrit dans le cadre du projet de la direction nationale du patrimoine culturel, financé par le gouvernement des états-Unis d’Amérique et intitulé :«Sensibilisation, éducation à la lutte contre le trafic illicite et exposition de biens culturels».

Le gouvernement des États-Unis d’Amérique et le nôtre ont signé un accord, le 19 septembre 1993, sur les restrictions à l’importation de matériels archéologiques de la vallée du Niger et des Falaises de Bandiagara. Cet accord a été renouvelé pour la sixième fois, en septembre 2017, en raison de son impact positif dans le cadre de la lutte contre le pillage des biens culturels du Mali.

Cet accord est un bel exemple de coopération pour la mise en œuvre de la Convention de 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert illicites des biens culturels, ratifiée par le Mali, le 6 avril 1987, et témoigne de l’engagement constant des deux gouvernements à le mettre en œuvre et l’excellence des relations dans la protection de l’héritage culturel du Mali.

Les échanges entre nos deux pays ont permis en mars-avril 2020 l’important travail d’inventaire du patrimoine archéologique au Mali, dans les quatre régions que sont : Kayes, Koulikoro, Sikasso et Ségou.

Le présent atelier de formation des formateurs s’inscrit dans la mise en œuvre du projet. Il permet aux personnes formées, responsables des Missions culturelles et des directions régionales de la culture, à leur retour dans leurs localités respectives, d’assurer les activités d’information et de sensibilisation auprès des leaders communautaires, des responsables des collectivités territoriales et des organisations de jeunes et de femmes de la société civile sur la lutte contre le pillage et le trafic illicite des biens culturels ainsi que l’extrémisme violent.

Le Mali est connu pour la richesse et la diversité de son patrimoine culturel, couvrant toutes les périodes de l’humanité et témoins matériels de brillantes civilisations des grands empires (Ghana, Mali et Songhoy). Ce riche héritage est soumis à des menaces d’ordre naturel et anthropique : intempéries, conflits armés, vandalisme, dégradation, destruction, vol, pillage, fouilles clandestines, trafic illicite, pression du développement urbain (spéculation foncière, urbanisation anarchique et vente illicite), insuffisance d’entretien, abandon des mythes fondateurs et de certaines valeurs sociétales.

Une étude effectuée dans les années 1990 indique que 80 à 90% des sites du delta intérieur du Niger furent touchés par le pillage. Certains sites furent totalement détruits, définitivement perdus pour la recherche.

Face au danger que représente le phénomène de destruction, de pillage et de trafic illicite des biens culturels, et conscient de l’importance du patrimoine culturel dans l’affirmation de l’identité nationale, le gouvernement a adopté une batterie de textes législatifs et règlementaires portant protection et promotion de son patrimoine culturel national, ratifié des conventions internationales et conclu des accords.

Ce phénomène récurrent a connu une recrudescence consécutive à la crise de 2012, suite à l’invasion des régions du Nord du pays (Tombouctou, Gao et Kidal) et d’une partie du Centre par des groupes armés terroristes et à son expansion vers des zones jusque-là épargnées, en l’occurrence le site des Falaises de Bandiagara qui a été durement frappé par les tensions et conflits armés intercommunautaires.

Youssouf DOUMBIA

autho

Youssouf Doumbia

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