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Les dirigeants du continent se sont engagés à s’investir pour l’amélioration des systèmes de production agricole

«Nourrir l’Afrique : leadership pour intensifier les innovations réussies». Le dialogue de haut niveau sur la transformation des systèmes de production en Afrique qui s’est tenu hier, a mobilisé l’attention des dirigeants africains autour de ce thème.

Le Mali était représenté à cette réunion par le président de la Transition Bah N’Daw qui avait à ses côtés le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Mohamed Ould Mahmoud.

La rencontre a réuni des chefs d’État africains, des hauts fonctionnaires, des dirigeants de banques multilatérales de développement, des partenaires au développement, des instituts de recherche, des chefs d’entreprises et des experts internationaux.

Organisé par visioconférence à l’initiative de la Banque africaine de développement (Bad) et du Fonds international de développement agricole (Fida), en collaboration avec le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale, l’objectif du dialogue virtuel vise à identifier les moyens pour mobiliser les financements et nouer les partenariats qui favorisent la transformation de l’agriculture africaine par la technologie et l’innovation. Il s’agit surtout à travers cette action de plaidoyer à obtenir des engagements politiques au plus haut niveau pour transformer les systèmes de production sur le continent.

Ce grand rendez-vous s’ouvre au moment où l’Afrique compte quelque 246 millions de personnes qui dorment chaque nuit le ventre vide. Le nombre d’Africains souffrant de la faim est passé de 214 millions à 246 millions entre 2015 et 2020.

La situation s’est détériorée du fait de la pandémie de Covid-19, des effets négatifs accrus du changement climatique, de l’aggravation de la fragilité et de la multiplication des conflits et d’événements comme l’invasion de criquets en Afrique orientale et australe.

Au moment où l’Afrique doit lutter contre la pandémie de Covid-19, la faim fait peser une menace plus grande sur le continent. L’Afrique doit de toute urgence renforcer ses systèmes alimentaires dans le cadre des efforts déployés pour surmonter cette pandémie et renforcer sa résilience.
Le président Bah N’Daw a échangé avec ses pairs par visioconférence


Conscient de l’urgence, les intervenants au cours de cette rencontre, au rang desquels les présidents de la Banque africaine de développement Akinwumi A. Adesina, et du Fonds international de développement Agricole (Fida) Gilbert F. Houngbo ou encore l’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair et président exécutif de l’Institut pour un changement global, ont tous insisté sur la nécessité d’investir dans la recherche et le développement agricoles publics et privés.

À cette fin, ils ont appelé à tirer des leçons des expériences réussies pour identifier les pratiques exemplaires et promouvoir leur reproduction et leur transposition à plus grande échelle dans tous les secteurs et dans tous les pays. Pour ce faire, ils ont exhorté à déployer efficacement un ensemble de technologies agricoles adaptées aux petits exploitants, avec le soutien d’un réseau de partenaires comprenant les centres internationaux de recherche agricole, les systèmes nationaux de recherche et de vulgarisation agricoles.

Le président de la Transition, Bah N’Daw a plaidé pour plus d’actions envers les personnes souffrant d’insécurité alimentaire et de malnutrition. Le chef de l’État a indiqué que le Mali est un vaste pays sahélien, dont l’économie comme beaucoup d’autres pays africains, repose essentiellement sur l’agriculture, l’élevage et la pêche. «Nous avons d’importantes ressources en eau avec un potentiel irrigable estimé à plus de 2,2 millions d’hectares.

Nous disposons de l’un des cheptels les plus importants de la sous-région, un domaine forestier qui couvre près de 100 millions d’hectares et une faune diversifiée», a égrainé le président Bah N’Daw qui a également évoqué les contraintes liées à la Covid-19 combinées aux effets de la crise sociopolitique et sécuritaire qui ont fait subir à l’activité économique une forte récession.

Face à ces menaces et risques qui ne sont pas propres qu’au Mali seul, le chef de l’État a invité les participants à saisir l’occasion pour jeter les bases d’une réflexion profonde pour trouver des alternatives qui permettront d’amorcer un développement durable et relever le défi de nourrir l’Afrique.

Ce dialogue de haut niveau : «Nourrir l’Afrique» prendra fin par un communiqué qui contribuera à la réunion préparatoire du Sommet sur les systèmes alimentaires prévu à Rome en juillet 2021, et au Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires qui aura lieu plus tard dans l’année.


Lougaye ALMOULOUD

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