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Pus de 1.500 femmes ont été formées à la transformation du beurre de karité

L’ambassadeur de Norvège au Mali, Vegar Brynildsen, a visité mardi dernier le Centre de formation professionnelle sur les énergies renouvelables et le climat. Installé à Sélingué, ce centre est une initiative de l’ONG Mali-Folkcenter. Il facilite l’apprentissage et le perfectionnement des jeunes scolarisés et non scolarisés à travers des modules de formation adaptés au contexte socio-économique du Mali.

Pour Dr Ibrahim Togola, directeur général de Mali-Folkcenter, la formation professionnelle est un créneau important dans le développement d’un pays. «Il est important de booster l’économie locale en y créant de la valeur ajoutée locale pour impacter significativement l’amélioration des conditions de vie des communautés rurales», a-t-il dit.

C’est dans ce sens que le Centre forme dans les filières : maraîchage, agroforesterie, horticulture, apiculture, entrepreneuriat, application des énergies renouvelables dans le secteur agricole et dimensionnement, installations, maintenance et entretien des équipements d’énergie solaire.

Le Centre dispose d’espaces de démonstration et d’incubation qui permettent aux apprenants de passer à la pratique après les cours théoriques. Il s’agit d’un site de démonstrations maraîchères avec comme mode d’arrosage le système goutte à goutte et l’aspersion. Ces technologies sont alimentées par des panneaux solaires photovoltaïques.

Famoussa Dembélé est specialiste en changement climatique et bioenergie.«On leur apprend à produire de l’engrais 100% bio et à faire l’agriculture bio sans utilisation d’herbicide. De plus en plus, les gens s’intéressent à l’agriculture bio pour leur santé», a-t-il soutenu, informant que plus de 15 personnes ont été formées sur les techniques de greffage et la production de pesticides bio.

Le Centre dispose également d’un champ apicole abritant des ruches, d’un laboratoire de démonstration du fonctionnement des installations d’énergie solaire photovoltaïque et de séchoirs solaires.

Aussi dans le cadre du Projet de cogestion durable des ressources forestières autour du complexe des aires protégées de Bougouni et Yanfolila, Aminata Barry forme des femmes réunies au sein de 7 coopératives au Centre de formation professionnelle de Sélingué. Ici, on fait de la transformation du karité en beurre et autres produits dérivés.

A ce jour, plus de 1.500 femmes ont été formées dans ce cadre. Pour Tata Diarra, membre d’une coopérative depuis qu’elle fréquente le centre, sa condition économique s’est améliorée. «J’y ai appris à transformer le karité, ce qui me permet maintenant de ne plus couper le bois dans la forêt.

Plusieurs femmes de la localité aimeraient apprendre autre chose et ce centre y joue un grand rôle, surtout pour les jeunes filles et garçons», dit-elle.

Nombreux sont en effet ceux qui se forment dans l’énergie solaire photovoltaïque qui a un fort potentiel de marché partout au Mali. «Les jeunes et les femmes sont très réceptifs à l’usage de kit de pompage solaire dans le cadre de l’irrigation et l’électrification des maisons», a assuré Saran Camara, ingénieur génie électrique et formatrice. En plus de former une trentaine de jeunes dans le cadre de l’énergie solaire photovoltaïque, le Centre forme des formateurs qui, à leur tour, formeront d’autres personnes.

Selon Hassana Arama, 1er adjoint du préfet de Yanfolila, «le Cercle de Yanfolila dispose d’énormes potentiels en ressources naturelles qui sont compressées par l’exploitation forestière, la coupe abusive du bois, la production du charbon de bois et l’orpaillage. Ce partenariat entre Mali-Folkcenter et l’ambassade de la Norvège contribue au renforcement des capacités des populations pour la valorisation des produits forestiers non ligneux».

Quant au représentant du maire, Ogobara Kodio, il a remercié l’ambassadeur de la Norvège pour le soutien à la localité et les différentes initiatives à venir.

Cependant, bien qu’il ait eu des efforts, il y a toujours quelques difficultés auxquelles Yanfolila fait face: «Combattre le dragage dans le fleuve, l’insécurité, l’arrivée des déplacés en provenance des régions en proie à la violence, l’orpaillage, l’aménagement de périmètres maraîchers pour donner des alternatives d’emplois, l’aménagement d’infrastructures scolaires», a ainsi plaidé Ogobara Kodio.

L’ambassadeur de la Norvège s’est dit impressionné par tout ce qu’il a vu dans le Centre de formation professionnelle et surtout l’inclusion des femmes à la vie économique. Vegar Brynildsen a dit avoir pris note des doléances tout en rappelant que son pays continuera à soutenir le Mali dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, de la sécurité.

Oumar SANKARÉ

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Oumar Sankaré

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